2 ans de prison ferme pour des policiers ayant agressé un adolescent

Le tribunal correctionnel a condamné les deux policiers à quatre ans de prison, dont deux ferme. La victime, Ishaq, avait été frappée à coups de pieds et de poings, dans une rue de Marseille un soir de février 2018.

publicités

Pour ce «délit grave» et pour avoir «menti» en niant les faits tout au long de la procédure, le tribunal correctionnel de Marseille a condamné ce gardien de la paix et ce brigadier chef, mais a laissé à leur hiérarchie le soin de décider d’une éventuelle interdiction professionnelle. Aucun mandat de dépôt n’ayant été prononcé, les deux policiers sont repartis libres et ont dix jours pour faire appel.

Mensonge à la barre du tribunal

Le 20 février 2018, la jeune victime, prénommée Ishaq, avait été frappée à coups de pied et de poings dans une rue d’un quartier populaire du nord de Marseille, après avoir fait des courses dans une épicerie de nuit. Il avait expliqué avoir vu une voiture de police s’arrêter à son niveau puis ses deux passagers en descendre et le frapper.

publicités

Tous deux ont été condamnés, mais le conducteur, un autre gardien de la paix, n’a pas été poursuivi. La victime avait été conduite par les pompiers aux urgences, où une interruption totale de travail de 15 jours lui avait été délivrée : l’adolescent présentait une fracture sous l’œil et de nombreux hématomes et contusions au visage et aux genoux.

ADN sur un stylo

En le frappant, les policiers avaient fait tomber un stylo marqué du logo du syndicat policier Alliance, que la victime avait ramassé et remis aux policiers de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) chargés de l’enquête. L’ADN de l’un des policiers avait été retrouvé sur ce stylo, celui de l’autre policier sur une manche du survêtement de la victime.

publicités

« Le tribunal a travaillé avec attention, il n’est pas joyeux pour des magistrats de juger et de condamner des policiers, c’est très pénible et douloureux », a souligné la présidente en rendant le délibéré.

« Vous avez commis ce délit grave et menti au tribunal à l’audience » en niant les faits, a-t-elle souligné. Les policiers ont toujours affirmé avoir poursuivi cette nuit-là un jeune homme, mais sans parvenir à le rattraper.

« Cette peine est amplement méritée, personne n’est au-dessus des lois, dans aucun territoire », a commenté après l’audience l’avocate de la partie civile, Me Linda Sennaoui.

Franbuzz sur Facebook

Répondre