À 63 ans, un sans-abri vit dans les toilettes publiques à Vannes depuis deux ans

À Vannes dans le Morbihan, Philippe, âgé de 63 ans, ancien ouvrier de chez Michelin, a pris comme abri de fortune les toilettes publiques de la commune. Il a installé un matelas et des couvertures dans l’attente de trouver mieux.

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Selon actu.fr, cela fait deux ans que cet homme supporte cette situation.  À quelques pas d’une école, en face d’une église, se cache Philippe, 63 ans. L’ancien ouvrier de chez Michelin à Vannes (Morbihan) a installé un matelas et quelques couvertures dans des toilettes publiques de la commune, là où il se loge en attendant mieux. En larmes, Philippe raconte : « J’ai perdu mon logement et la garde de mes enfants après un divorce ».

Aidé par la Croix-Rouge qui passe régulièrement, Philippe se voit proposer de prendre des douches dans le centre. La Croix-Rouge lui offre aussi des sandwichs. Les épiceries du coin contribuent en apportant leurs invendus et les rugbymen qui viennent s’entrainer pas loin lui procurent également des vivres.

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Marcel et Pascale tentent d’aider Philippe chaque vendredi en lui apportant à manger et des couvertures.  (©Actu Morbihan)

Difficultés à marcher, victime de vols

Pascale Vola et son équipe de « Gilets jaunes » viennent lui rendre visite tous les vendredi et lui apportent son repas. « On fait des repas depuis chez nous avec nos moyens », confie Pascale Vola. « On effectue des maraudes chaque vendredi en début de soirée. On rencontre une vingtaine de sans-abris mais jamais vraiment les mêmes. Parler avec eux les aide aussi ».

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Une centaine de sans-abris vivraient à Vannes et ses alentours. Marcel, qui assiste Mme Vola, est éprouvé par les situations des sans-abri. « On ne peut pas rester indifférents. Rien que pour la dignité humaine et jai une crainte à chaque fois qu’on revient, c’est de découvrir un cadavre », déplore-t-il.

Philippe, qui a des difficultés à marcher, est souvent victime de vols. Il ne désire pas être logé dans un hébergement d’urgence. « Il a été logé mais s’est retrouvé dépouillé à plusieurs reprises. Depuis il n’y va plus », indique Mme Vola. Même dans son abri, il ne se sent pas en sécurité. « On m’a offert des chaises, on me les a volées aussi », rajoute Philippe.

« Il crée des liens dans le quartier »

Bref, Philippe n’est pas trop seul. Il arrive quand même à être bien entouré. En deux ans, il arrive petit à petit à être connu des gens du quartier. « Je ne le connais que depuis un an, c’est une voisine qui m’a parlé de lui », explique Fabrice venu lui aussi prendre des nouvelles. «Grâce à Philippe, j’ai pu rencontrer des voisins du quartier. Il a malgré lui créé du lien. »

Du côté de l’église Saint-Guen située juste en face, le Père Marcel, en place depuis 2016, « ne le connaît pas vraiment » avoue-t-il. « Des gens de ma paroisse viennent discuter avec lui et lui propose régulièrement du café. Pour ma part, je suis allé le voir 2/3 fois avec les services sociaux pour tenter de lui trouver un abri plus décent ».

Dans le coffre de Pascale et Marcel des provisions mais aussi des couvertures et des vêtements fournis par des proches. (©Actu Morbihan)

Quel avenir pour Philippe ?

Pour aider Philippe, Pascale ne s’est pas limitée a la distribution de repas. Elle a aussi contacté le CCAS qui lui a d’ailleurs répondu samedi 15 février : « Le cabinet du maire a saisi le dossier. Nous vous assurons que Philippe sera logé ». Pascale est partagée : «Cela fait un an et demi que ce sont les mêmes réponses. Mais celle-ci paraît plus ferme que d’habitude. »

Le 24 février prochain est prévue une rencontre avec le député du Morbihan Hervé Pellois. Mme Vola espère qu’il « viendra voir Philippe de ses propres yeux et ainsi faire accélérer les choses ».

 

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