Affaire Grégory : le corbeau serait Jacqueline Jacob selon une expertise en stylométrie

Le procureur général de Dijon confirme ce vendredi qu’une expertise stylométrique, procédé jamais utilisé par la justice française auparavant, a été versée au dossier d’instruction de l’affaire Grégory Villemin, irrésolue depuis 36 ans.

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Une expertise stylométrique réalisée en Suisse pour identifier le ou les corbeaux qui avaient écrit des lettres anonymes menaçant les parents du petit Grégory, a été versée au dossier d’instruction. Elle semble désigner comme autrice Jacqueline Jacob, la grand-tante de Grégory, selon 20 minutes.

La lettre de revendication attribuée à Jacqueline Jacob

Les experts, qui ont entamé leur travail en 2017, ont étudié les 24 lettres du ou des corbeaux. « Parmi les 24 lettres anonymes figurent les trois lettres de menaces reçues avant le crime par la famille Villemin et la lettre de revendication reçue par les parents le lendemain des faits », explique Thierry Pocquet du Haut-Jussé, le procureur général. Ils ont comparé ces lettres avec 11 textes différents attribués à des personnages du dossier comme Bernard Laroche (l’oncle de Grégory), Christine Jacquot (sa nourrice) et Marcel et Jacqueline Jacob (son grand-oncle et sa grand-tante).

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Extrait de la lettre du corbeau revendiquant le meurtre du petit Grégory. – V.VANTIGHEM

Les experts ont resserré le faisceau des soupçons vers cinq auteurs potentiels des lettres du corbeau. Et parmi ces cinq corbeaux présumés, les spécialistes en stylométrie ont repéré « un style hautement similaire » à celui utilisé par Jacqueline Jacob, déjà mise en examen en juin 2017.

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Selon eux, « au moins » sept des vingt-quatre courriers portent sa signature. Dont la fameuse lettre de revendication du crime adressée au père du petit Grégory : « J’espère que tu mourras de chagrin le chef. Ce n’est pas l’argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance. Pauvre con ».

Les époux Villemin restent « prudents »

Cette expertise a été réalisée en Suisse et vise à identifier le ou les corbeaux qui avaient écrit des lettres anonymes menaçant les parents du petit Grégory, retrouvé à 4 ans pieds et poings liés dans la Vologne (Vosges) le 16 octobre 1984.

Confirmant le versement au dossier de l’expertise, François Saint-Pierre, un des avocats de Christine et Jean-Marie Villemin, parents de Grégory, s’est montré très circonspect. « Nous restons extrêmement prudents quant à l’interprétation qui peut être faite de ce rapport et aux conséquences qui pourraient en être tirées », a-t-il mis en garde auprès de l’AFP.

Le quotidien Le Parisien avait affirmé en décembre que le nouveau rapport d’expertise avait permis d’identifier une personne, sans la nommer.

L’arbre généalogique de la famille de Grégory Villemin. – Vincent LEFAI, Sophie RAMIS / AFP

L’ADN de parentèle ou la résolution de plusieurs « cold cases »

L’affaire Grégory, instruite à la cour d’appel de Dijon, a été récemment relancée, la justice ayant accepté en janvier de nouvelles expertises ADN demandées par Christine et Jean-Marie Villemin. Il s’agit en particulier de recherches en « ADN de parentèle », permettant de relier une empreinte génétique avec d’autres, issues de la même parenté.

La recherche en « ADN de parentèle » vise à vérifier la conformité des empreintes génétiques avec celles présentes dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). Elle a permis de résoudre ces dernières années plusieurs « cold cases » (affaires classées), notamment le dossier Élodie Kulik, violée et assassinée en 2002.

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