Affaire Victorine : Le suspect mis en examen après avoir reconnu l’avoir étranglée

Le suspect interpellé mardi dans l’enquête sur la mort de la jeune Victorine Dartois en Isère, un voisin de 25 ans qui ne la connaissait pas, « nie tout mobile sexuel » mais il avait reconnu une partie des faits, dont un étranglement.

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L’enquête sur la mort de Victorine Dartois, une étudiante de 18 ans retrouvée dans un ruisseau le 28 septembre à Villefontaine en Isère, progresse. Après 48 heures de garde à vue, le suspect interpellé mardi 13 octobre a été mis en examen pour enlèvement, séquestration et meurtre, précédé d’une tentative de viol.

Ce jeune père de famille, résidant à Villefontaine (Isère), la ville de Victorine, était déjà connu de la justice ayant été condamné à une dizaine de reprises pour des délits de droit commun. L’homme conteste tout mobile sexuel, évoquant plutôt « une rencontre qui a mal tourné » après une « bousculade involontaire » lors de son footing. Il a toutefois été mis en examen pour enlèvement, séquestration et meurtre précédé d’une tentative de viol, le corps de la jeune femme ayant été retrouvé sans son pantalon.

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«Connu pour différents délits de droit commun»

Le procureur adjoint Boris Duffau a précisé que le jeune homme avait été arrêté mardi 13 octobre à 15 h 20 sur une aire d’autoroute de Saint-Quentin-Fallavier. « Cette interpellation a été rendue possible après le témoignage d’un proche qui avait recueilli des confidences sur le meurtre de la part du suspect », a souligné le magistrat. Ludovic B., qui habite Villefontaine (Isère), en couple et père d’un bébé, était déjà « connu des services de la gendarmerie et de la justice pour différents délits de droit commun », avait fait savoir mercredi Boris Duffau.

Des zones d’ombre

Les conclusions de l’autopsie qui mentionnent des ecchymoses au niveau du cou confirment l’étranglement, et la mort par noyade. Toutefois, malgré un pantalon retiré et retrouvé à proximité du corps de la jeune femme, le suspect, qui aurait agi seul, « nie tout mobile sexuel ».

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Le parquet ne s’est « pas satisfait de ces déclarations qui ne convainquent pas et a pris jeudi un réquisitoire supplétif » pour tentative de viol qui a été suivi par les trois juges d’instruction qui l’ont mis en examen.

La famille Dartois, « soulagée » de cette arrestation, est maintenant en proie à « la colère » après ces aveux car « tout laisse à penser que le mobile est sexuel », a déclaré à la presse Me Kelly Monteiro, avocate des Dartois. « On n’étrangle pas une jeune fille parce qu’on l’a bousculée » d’autant que Victorine, jeune fille « gentille et pas agressive » ne se serait « pas emportée » pour un geste involontaire.

Interrogée sur la proximité du suspect avec la famille, Me Monteiro a souligné que le mis en examen était « absolument inconnu, son nom n’évoque rien à la famille », seule une des soeurs de Victorine « pense avoir été en classe de primaire avec son frère ».

Enquête loin d’être terminée

Le voile n’a pas été complètement levé sur les circonstances de ce meurtre et « l’enquête est loin d’être terminée », a souligné M. Duffau, car la mise en examen comporte aussi les chefs d’ »enlèvement et séquestration ». « On a des déclarations parcellaires, qui posent des questions », a expliqué Me Monteiro.

Jeudi soir, le suspect a été placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet. Les faits pour lesquels il est poursuivi lui font encourir la réclusion criminelle à perpétuité.

« Jusqu’à sa condamnation, il reste présumé innocent », a tenu à rappeler le procureur Eric Vaillant, regrettant des fuites dans la presse survenues pendant la garde à vue qui l’ont « clairement gêné ».

Marche blanche de 6000 personnes

La disparition de la jeune étudiante en BTS de 18 ans avait provoqué une forte émotion à Villefontaine, où près de 6000 personnes lui avaient rendu hommage lors d’une marche blanche le 4 octobre. Trois jours plus tard, plus d’un millier de personnes avaient également assisté à ses funérailles à Bourgoin-Jallieu, pour soutenir ses parents, ses deux soeurs et son frère.

D’importants moyens ont été déployés dans le cadre de l’enquête, dont une cellule de dix enquêteurs exclusivement dédiés à l’enquête au sein de la gendarmerie de l’Isère.

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