Avant le déconfinement, Emmanuel Macron cherche à apaiser les inquiétudes sur l’école

En visite dans une école des Yvelines, le chef de l’Etat a tenté de rassurer parents, enseignants et élus locaux, à une semaine de la réouverture des écoles. Il remonte publiquement au créneau avant d’arrêter les dernières modalités du déconfinement.

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C’est une des grandes inconnues du déconfinement: masque « grand public » sur le visage, Emmanuel Macron est venu mardi dans une école des Yvelines tenter d’apaiser les inquiétudes sur la périlleuse rentrée qui s’annonce en pleine épidémie de coronavirus.

Une école tranquille de Poissy, dans les Yvelines, avec des élèves (ceux dont les parents sont notamment soignants) et des professeurs, pour illustrer un retour à la normale qui sera très progressif. A l’occasion de l’un de ses rares déplacements depuis le début du confinement, Emmanuel Macron a choisi la question du retour à l’école – celle que redoutent le plus les Français et les élus – pour monter en première ligne sur l’étape suivante : le déconfinement . Alors que l’échéance approche à grands pas, il doit tenter de rassurer des Français dont l’inquiétude reste au plus haut .

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« Je comprends leurs angoisses, leurs questions, leurs inquiétudes », a lancé le président. Et de plaider pour un « retour progressif et concerté », avec pour objectif que « tous les enfants qui ont besoin de revenir à l’école (…) puissent trouver une école ouverte avec un temps aménagé ».

Car alors que plusieurs pays voisins de la France entament ces jours-ci leur déconfinement, l’exécutif insiste sur l’urgence de remettre le pays en marche, après le confinement inédit de millions de Français pendant près de deux mois.

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Des élus réticents

Car alors que le bilan de l’épidémie a franchi lundi la barre des 25.000 morts, ce retour en classe inquiète parents, enseignants et élus locaux, particulièrement en région parisienne. Beaucoup de maires refusent de rouvrir les écoles dès la semaine prochaine, ou alors a minima. Ce qui entraînerait des répercussions en cascade, notamment sur la garde des enfants. « Je comprends leurs angoisses, leurs questions, leurs inquiétudes », a lancé le président. Et de plaider pour un « retour progressif et concerté », avec pour objectif que « tous les enfants qui ont besoin de revenir à l’école (…) puissent trouver une école ouverte avec un temps aménagé ».

Car alors que plusieurs pays voisins de la France entament ces jours-ci leur déconfinement, l’exécutif insiste sur l’urgence de remettre le pays en marche, après le confinement inédit de millions de Français pendant près de deux mois. Edouard Philippe, qui doit présenter jeudi les détails pratiques du déconfinement, a également qualifié la fermeture des écoles de « catastrophe pour les plus vulnérables des enfants et des adolescents », le décrochage scolaire étant selon lui « probablement une bombe à retardement ».

Qui est responsable en cas de contamination ?

Un protocole sanitaire très strict doit encadrer la réouverture des écoles : lavage de mains à répétition, bureaux espacés d’au moins un mètre, port du masque obligatoire ou conseillé selon les circonstances… Un vrai casse-tête pour les communes chargées de préparer cette rentrée à hauts risques. Les élus sont aussi inquiets sur leur responsabilité pénale si la sortie du confinement devait mal se passer. « Nous sommes mobilisés, déterminés pour réussir le déconfinement, mais nous n’accepterons pas de le faire sans garanties », a ainsi prévenu le sénateur LR Philippe Bas.

Le Sénat doit d’ailleurs adopter mardi le projet de loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire, mais largement modifié pour y « inscrire des garanties essentielles » en vue du déconfinement, notamment sur le suivi des malades du coronavirus et leurs contacts, et pour aménager le régime de responsabilité pénale des employeurs, élus locaux et fonctionnaires. Le dispositif adopté, contre l’avis du gouvernement, dispose que pendant l’état d’urgence sanitaire « nul ne peut voir sa responsabilité pénale engagée » pour des contaminations par le coronavirus, sauf en cas d’intention délibérée, imprudence ou négligence.

« Intenable »

Sur le front économique, le chômage partiel restera pris en charge « à taux plein » après le 1er juin dans certains secteurs comme l’hôtellerie et la restauration, tandis que les autres entreprises devront contribuer aux salaires dans des « proportions raisonnables », a indiqué lundi la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Plus d’un salarié du privé (11,7 millions à ce jour) bénéficie de cette garantie de 84% du salaire net (100% au niveau du Smic), que l’État et l’assurance-chômage remboursent intégralement aux employeurs dans la limite de 4,5 Smic.

Le gouvernement entend néanmoins réduire dès le mois de juin sa participation pour inciter au retour au travail. Celui-ci commence timidement: le constructeur automobile PSA (Peugeot, Citroën) a annoncé le redémarrage progressif de ses usines européennes à partir de ce lundi. D’autres secteurs cherchent à résoudre le casse-tête de la reprise de leurs activités tout en respectant les consignes sanitaires.
Distance entre les sièges, port du masque, suppression des buvettes, marquage au sol et nettoyage systématique des lieux clos: un rapport remis au gouvernement préconise ainsi une série de mesures pour déconfiner le secteur de la culture, à l’arrêt complet depuis mi-mars.

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