Comment la France se prépare-t-elle à une campagne de vaccination massive anti-Covid ?

Le gouvernement a provisionné 1,5 milliard d’euros pour financer la campagne de vaccination. Selon Les Échos, l’Hexagone pourrait avoir sécurisé 90 millions de doses pour le premier semestre 2021 grâce aux préréservations effectuées par la Commission européenne auprès de plusieurs laboratoires.

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Depuis que Pfizer et BioNTech ont révélé, lundi dernier, des résultats préliminaires très encourageants pour leur vaccin contre le Covid , les Etats sont dans les starting-blocks pour immuniser leur population, et la France ne fait pas exception. Dans quelques semaines, la Haute Autorité de santé (HAS) devrait rendre son avis sur les populations prioritaires. Une fois que l’Agence européenne du médicament aura délivré la première autorisation de mise sur le marché conditionnelle, probablement avant la fin de l’année, la HAS dira où et comment administrer le vaccin.

Le gouvernement continue de travailler sur les contours d’une campagne de vaccination massive avec un objectif de 35 millions de personnes protégées fin 2021, selon Les Échos. « Nous nous préparons pour débuter le plus tôt possible une campagne vaccinale en remplissant deux conditions: que le vaccin soit efficace et soit sûr », a indiqué jeudi, Olivier Véran.

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Négociations européennes

Pour l’heure, aucun vaccin n’a reçu son autorisation de mise sur le marché, préalable indispensable à sa distribution. « A ce stade, je rappelle que la phase III n’est pas terminée, que ce sont des résultats préliminaires, qu’il vaut mieux être prudent », a rappelé le porte-parole du gouvernement. La campagne vaccinale française se joue donc d’abord à l’échelle de l’Europe.

L’Agence européenne du médicament (EMA) a mis sur pied une procédure accélérée qui lui permet d’examiner les données de sécurité et d’efficacité des vaccins au fur et à mesure de leur parution, avant même qu’une demande formelle d’autorisation soit déposée par le fabricant. Moderna est devenu lundi le troisième projet de vaccin soumis à cet « examen continu », après ceux d’Oxford/AstraZeneca puis de Pfizer/BioNTech début octobre. Les vaccinations dans l’UE pourraient ainsi commencer « au premier trimestre 2021 » dans un scénario « optimiste », indiquait la semaine dernière Andrea Ammon, directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.

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« On prépare une campagne pour être prêt au moment où un vaccin sera validé par les autorités de santé européennes et nationales », a renchéri ce mardi Gabriel Attal sur France 2, en acquiesçant à la possibilité d’une campagne dès le début de l’année. Et niveau commande des vaccins, là encore, cela passe par l’Europe. « Il faut anticiper, ça veut dire réserver des doses, a-t-il ajouté. On le fait au niveau européen : plusieurs centaines de millions ont été réservées auprès des différents laboratoires ». Pas moins de 300 millions de doses, pour être plus précis.

A travers les précommandes européennes, la France aurait déjà sécurisé 90 millions de doses, rapportent Les Echos. De quoi assurer deux injections à 45 millions de Français.

Des super-congélateurs pour conserver les vaccins

Le ministre des Solidarités et de la Santé a reconnu qu’il s’agissait d’un « chantier monumental ». Car au-delà du sanitaire, le défi est avant tout logistique. Dans le cas du vaccin de Pfizer, le gouvernement a par exemple anticipé l’achat de 50 super-congélateurs afin d’être en capacité de conserver les doses reçues à -80 C° comme le préconise le laboratoire américain.

Il nécessite en effet une conservation à – 70 °C, ce qui implique d’investir dans un équipement ad hoc. « Nous avons conçu un contenant thermique spécifique, utilisant de la glace sèche, pour maintenir tout au long du transport et sur le site de vaccination les conditions de stockage recommandées », indique Pfizer.

Un chantier coûteux, puisqu’un seul de ces super-congélateurs coûte entre 6.000 et 12.000 euros.

1,5 milliard d’euros

Pour financer la campagne de vaccination, le gouvernement a provisionné 1,5 milliard d’euros dans le budget 2021 de la Sécurité sociale. Une somme qui participera bien entendu à l’achat des vaccins mais également à l’organisation de la logistique et à la rémunération des personnels qui « distribuent, inoculent ou tracent administrativement chaque injection », notent Les Échos.

L’objectif de déploiement rapide sur tout le territoire pourrait par ailleurs nécessiter la mobilisation de médecins généralistes et d’infirmières, à condition de lever les barrières logistiques et techniques. N’étant pas équipés, il leur est par exemple impossible de conserver à -80C° le vaccin de Pfizer. Dans un premier temps, la solution pourrait consister à autoriser la vaccination en hôpitaux mais également dans les centres de santé, les maisons pluriprofessionnelles de santé, voire les « centre Covid » qui participent déjà au déploiement des tests, rappelle le quotidien économique.

Déterminer les populations prioritaires

Alors, qui vacciner en premier ? « Tous les pays qui élaborent leur stratégie vaccinale face au Covid-19 s’orientent vers une priorisation de la vaccination, parce que les doses ne seront pas produites d’un bloc, mais progressivement », indique à 20 Minutes le Pr Daniel Floret, vice-président de la Commission technique des vaccinations, rattachée à la  Haute Autorité de santé (HAS).

C’est pourquoi le Conseil scientifique préconise « une priorisation d’accès en fonction des risques sanitaires, des populations à risques professionnels, des emplois stratégiques ainsi que de caractéristiques socio-éco-démographiques ». En clair, « le vaccin serait administré en priorité aux personnes exposées au virus dans le cadre de leur activité professionnelle : les personnels soignants, ceux qui travaillent au contact du public ou dans un environnement exposé, mais aussi toutes celles et ceux qui sont vulnérables en raison de leur âge ou de leur état de santé », avance le Pr Floret.

Sources: Les Échos20 Minutesbfmtv

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