Convention climat : bientôt une limite à 110 km/heure au lieu de 130 sur les autoroutes ?

Les 150 membres de la Convention citoyenne, réunis jusqu’à dimanche, ont voté ce vendredi la réduction de la vitesse sur autoroutes à 110 km/h. Ce sera donc une des mesures qu’ils proposeront au gouvernement pour lutter contre le réchauffement climatique.

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Parmi les 150 propositions soumises au gouvernement par des citoyens tirés au sort qui composent la Convention citoyenne pour le climat, une mesure entend faire passer les autoroutes à 110 km/h au lieu de 130. Depuis, plusieurs ministres concernés ont donné leurs avis, qui allaient tous dans le sens de cette mesure. Cependant, aucun n’oublie la très vive polémique liée aux 80 km/h sur les départementales en 2018, relate Le Figaro.

Les braises de la contestation des 80 km/h sont à peine éteintes qu’un nouveau foyer de contestation promet de flamber sur les routes françaises. Après des débats matinaux houleux, les membres de la convention citoyenne sur le climat ont adopté à 60 % ce vendredi après-midi la réduction de la vitesse sur les autoroutes à 110 km/h. Bien sûr, le gouvernement a toute latitude de ne pas adopter cette mesure mais elle intervient dans un contexte où la réduction de la vitesse est devenue dans les grandes métropoles un argument écologique de poids, doublé d’une motivation de sécurité routière.

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La proposition, qui fait partie d’un paquet de mesures visant à réduire les déplacements en voiture individuelle, qui pèsent 16% des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France, n’est pourtant pas nouvelle. Dès 2007, le Grenelle de l’environnement, réuni par l’ex-président Nicolas Sarkozy, s’était penché sur la mesure, sans la retenir. Dans leur rapport final, les membres de la Convention expliquent qu’elle permettrait de « réduire de 20% les émissions de GES en moyenne sur ces transports », d’économiser du carburant et de faire baisser la mortalité et les dommages corporels sur les routes. « En contrepartie, un allongement des temps de trajet est à prévoir : entre quatre et huit minutes par heure », écrivent-ils.

C’est le cas de la ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne, sur BFMTV, qui s’est dite « favorable à titre personnel ».

« Si on baisse la vitesse, on réduit de 20 % l’émission de gaz à effet de serre, c’est donc une mesure efficace pour le climat », a-t-elle déclaré. Puis elle a ajouté : « Mais moi, je ne prends pas tous les matins ma voiture pour faire trente kilomètres. Je pense que c’est important de vérifier qu’il y a une adhésion des Français et de ceux qui sont concernés, ce n’est pas mon cas. »

De son côté, Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, a déclaré sur Europe 1 : « J’ai entendu ce qu’ont dit les Français sur les 80 km/h. D’un point de vue personnel, ça ne me pose pas de problème. Mais ces 150 citoyens ne définissent pas la norme. Ils font des propositions, puis les renvoient aux responsables politiques », a-t-elle souligné, évoquant ce qu’il s’est passé en 2018.

En effet, la limitation des départementales à 80 km/h avait engendré à cette époque de vives polémiques et semé les premières graines du mouvement des « Gilets jaunes ». Certains craignent alors qu’une nouvelle limitation puisse remettre le feu aux poudres. Une situation d’autant plus ironique que la Convention citoyenne a initialement été créée pour répondre aux « Gilets jaunes ».

 

Pour tenter d’apporter une première réponse à un débat qui s’annonce par avance compliqué, Emmanuel Macron fera « une première réponse » aux 150 citoyens, a priori pour ce 29 juin.

À noter que lors de la création de la Convention, Emmanuel Macron s’était engagé à rendre compte personnellement de ce qu’il ferait de ces mesures. Lesquelles trouveront ensuite « leur cheminement par voie de référendum, législative ou réglementaire », avait-il conclu.

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