Déconfinement: Comment le gouvernement tente de sauver Noël

Peut-on éviter que les célébrations riment avec propagation du Covid-19 ? Ce n’est plus la magie, mais le dilemme de cette sacro-sainte fête familiale. L’exécutif veut tout faire pour la préserver, mais beaucoup d’incertitudes planent au pied du sapin…

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Les Français pourront-ils passer les fêtes de fin d’année en famille ? L’exécutif réfléchit actuellement aux premières étapes du déconfinement, alors que les indicateurs de l’épidémie de coronavirus sont à la baisse. Mais le gouvernement souhaite maintenir la pression pour éviter tout relâchement dans les prochaines semaines.

« Le confinement n’est pas terminé » et il n’est « pas d’actualité de déconfiner le pays », a prévenu jeudi soir le ministre de la Santé, Olivier Véran. Dans le Journal du Dimanche, Emmanuel Macron confirme : « Aujourd’hui, le niveau de circulation du virus dans le pays est le même qu’au moment du couvre-feu. Il n’est pas question de déconfiner ».

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L’exécutif espère voir la baisse du nombre de cas de Covid-19 se poursuivre avec cet objectif en tête :  sauver Noël, période de repos essentielle après des mois de restrictions et de limitation des interactions sociales. Le chef de l’Etat, qui prendra parole ce mardi soir, explique ainsi au Journal du Dimanche vouloir donner aux Français des perspectives. Pour Emmanuel Macron, « rien n’est pire que l’incertitude et l’impression d’une morosité sans fin ». Il faut donc « de la cohérence, de la clarté, un cap. Savoir ensemble où nous allons et comment y aller ».

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«Il y aura forcément des restrictions»

« Si on veut passer un Noël en famille, chacun doit prendre ses responsabilités. Cela ne repose pas sur une décision d’Emmanuel Macron, mais sur l’attitude de chaque citoyen. C’est une histoire collective », appuie la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault. Une invitation doublée de contrôles policiers renforcé s sur demande expresse de Jean Castex − auquel il était revenu qu’ils étaient insuffisants − à Gérald Darmanin.

Au sommet de l’Etat, on ne sait encore dire dans quelles conditions se dérouleront ces congés. Outre le facteur froid, les repas favorisent la propagation du virus. Le ministre de la Santé Olivier Véran l’a rappelé en citant les travaux du Pr Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre influent du conseil scientifique, lors d’une récente réunion de ministres. Sur ce point, Jean Castex craint davantage les fêtes du Nouvel an que celles, plus familiales, de Noël. Quoi qu’il en soit, attendre un retour à la normale serait illusoire. Il s’agit, avance-t-on à Matignon, « de faire un Noël le plus acceptable possible ». Si l’un des objectifs est bien « de pouvoir lever les restrictions de déplacement avant les vacances », il y aura « forcément des restrictions ».

Un Noël, mais dans quelles conditions ?

Au-delà des questions économiques cruciales liées à cette période, le gouvernement va devoir répondre à ce casse-tête : faut-il permettre aux Français de se retrouver en famille au risque de relancer l’épidémie ? « C’est difficile pour l’exécutif car les vacances sont très attendues. Il est donc important de diminuer le nombre de contaminations jusqu’au 19 décembre [début des vacances scolaires], remarque le député LREM de Paris Pacôme Rupin. Si le virus circule à 30.000 contaminations par jour comme aujourd’hui, on risque l’explosion. Ce sera beaucoup moins le cas si on est à 300, comme au début de l’été. »

Le chef de l’Etat avait fixé le seuil de 5.000 contaminations par jour comme condition d’un assouplissement du confinement. Mais Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, a déjà estimé que ce chiffre serait atteint « plutôt après Noël, voire début janvier ».

Pour autant, l’exécutif ne semble pas décidé à faire une croix sur Noël, décision qui serait explosive socialement, à l’heure où il s’inquiète déjà de l’augmentation du nombre de dépressions dans le pays. « Noël ne se fera pas en visioconférence, mais il ne sera pas comme d’habitude. Il y aura probablement des recommandations pour limiter le nombre de personnes », estime Anne Genetet. « Les gens ont bien compris que ça ne serait pas les grandes cousinades, mais un Noël dans le cercle familial restreint », ajoute Pacôme Rupin.

Si les Français peuvent déjà réserver leurs billets de train pour Noël, il est encore trop tôt pour dire si les trains pourront circuler, a prévenu vendredi le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.

A un mois du réveillon, le temps presse. Des précisions devraient être apportées sur ces questions dans la semaine. « On donnera quelques perspectives pour que les gens puissent s’organiser, notamment ce qui concerne les déplacements. Mais tout restera au conditionnel », dit-on prudemment à Matignon.

Mais l’inquiétude pourrait en réalité se concentrer sur une autre fête, comme le souligne Anne Genetet : « A Noël, on pourra s’amuser et partager un repas en gardant ses distances. Ce sera beaucoup plus compliqué pour le réveillon du 31 décembre, où l’on fait plutôt la fête debout, collés les uns aux autres, notamment chez les jeunes… »

Sources: leparisien.fr20minutes.fr

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