«Dépêche-toi, esclave» : un livreur Uber Eats porte plainte contre une cliente à Laval

Yaya Guirassy est livreur pour Uber Etas, depuis sept mois, à Laval (Mayenne). Vendredi 14 mai 2021, alors qu’il assurait une nouvelle livraison, une cliente lui a envoyé un message à caractère raciste : « Dépêche-toi, esclave ». Profondément choqué, le trentenaire a décidé de porter plainte.

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« J’en ai pleuré. On est en 2021 ! Comment peut-on envoyer des messages pareils ? » Près d’une semaine après les faits, Yaya Guirassy se dit encore « moralement blessé ». Livreur pour Uber Eats, la plateforme en ligne de livraison de repas, à Laval (Mayenne), ce professionnel âgé de 34 ans a reçu vendredi 14 mai un message de la part d’une cliente qui l’a particulièrement touché, comme l’a révélé France Bleu Mayenne.

« Dépêche-toi esclave »

« J’étais sur la route après avoir pris sa commande chez KFC et j’étais presque arrivé chez elle », raconte-t-il à Ouest-France. Il est 20 h et le livreur reçoit alors deux messages sur son téléphone, envoyés par la cliente : « Dépêche-toi esclave. Je vais te donner un centime, tu ne mérites que ça. »

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« Un message aussi blessant, je n’y croyais pas. J’étais choqué, explique-t-il. J’ai tout de suite appelé Uber Eats et on a convenu d’annuler la commande. »

Le livreur, originaire de Guinée-Conakry, résidant en France depuis 2009, en est convaincu. Le message revêt un caractère raciste. « Sur l’application, ma photo est visible par la cliente qui sait que je suis noir. En sept mois, j’ai réalisé 2 756 commandes, avec 98 % de satisfaction. »

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« Je n’arrive plus à dormir »

Yaya Guirassy a également informé ses « collègues » livreurs à Laval. « Ils étaient tous choqués. Ils me demandaient : Pourquoi tu n’es pas allé la rencontrer ? Je ne voulais pas me bagarrer. Nous sommes dans un pays de droit. Entre humains, on se respecte. C’est à la justice de trancher. »

Le lendemain, le livreur s’est présenté au commissariat de Laval et a déposé plainte pour « injure non publique en raison de l’origine ». Près d’une semaine après, Yaya Guirassy assure qu’il « n’arrive pas à dormir. Mes collègues essayent de me tirer vers le haut. Qu’il pleuve ou qu’il fasse froid, nous, les livreurs, on est dehors pour rendre service. Ce genre de message, ça fait mal. »

Source: Ouest-France

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