Des tirs policiers à l’origine du décès d’un trentenaire dans le Val-d’Oise

Un locataire, dont l’expulsion a dégénéré, est décédé ce mercredi matin à Pierrelaye. Il aurait été atteint par une impulsion de taser, infligée par un policier qu’il aurait attaqué avec un couteau.

publicités

L’homme de 34 ans, tué le 23 juin dernier, lors de l’expulsion de son logement est bien décédé des suites d’une hémorragie interne provoquée par le tir d’un policier, a indiqué ce jeudi le parquet du Val d’Oise. Le rapport d’autopsie confirme que la victime est décédée d’une hémorragie interne provoquée par un tir policier.

L’enquête de l’IGPN se poursuit

L’autopsie réalisée afin de connaître les causes de la mort de ce trentenaire, touché notamment par un tir d’arme à feu, a conclu à une hémorragie interne, a indiqué le parquet, tout en ajoutant que l’enquête confiée à l’IGPN se poursuivait, notamment sur le volet médico-légal.

publicités

Les faits se sont déroulés dans la matinée du 23 juin. La victime, d’abord très calme, « avait sorti un couteau et tenté de « pointer » » un des policiers venus escorter un huissier chargé de faire exécuter une décision d’expulsion locative à Pierrelaye, selon des sources policières.

Un des fonctionnaires avait fait usage de son arme de service. Une balle a atteint son épaule, selon une source policière. Une impulsion de taser lui avait ensuite été infligée au niveau du thorax, poursuit cette source.

publicités

L’homme, condamné à plusieurs reprises pour des faits de violence, a ensuite fait un arrêt cardio-respiratoire. « Un massage cardiaque lui a été prodigué pendant 30 minutes avant la constatation du décès », a précisé l’une de ces sources.

« L’expulsion locative est un acte violent »

Après « ce drame », l’association Droit au logement (DAL) a réclamé dans un communiqué « la fin des expulsions ».

Cette mort « vient nous rappeler que l’expulsion locative est un acte violent, pouvant donner lieu à des actes de désespoir », déplore l’association.

« Aujourd’hui un homme en est mort, ce n’est pas la première fois », rappelle le DAL, citant le cas « d’un père de famille à Chambéry en juillet 2019, décédé d’un arrêt cardiaque aux mains de la police lors de son expulsion », celui d’« un locataire à La Rochelle qui s’était donné la mort en octobre 2014 », ou encore l’immolation d’un père de famille « devant la sous-préfecture de L’Hay-les-Roses en juillet 2014 ».

En 2019, 763 expulsions forcées (avec concours de la force publique) ont été menées par la police dans le Val-d’Oise, la plupart sans relogement ni hébergement, ce qui a représenté 4,6 % des expulsions en France où 16 700 expulsions forcées ont été menées, affirme le DAL. Selon l’association, le Val-d’Oise est le 3e département d’Ile-de-France en nombre d’expulsions.

Avec AFP

Franbuzz sur Facebook

Répondre