Et si le rhume protégeait du Covid-19 même en étant cerné de cas positifs ?

Une contamination par un rhume pourrait avoir un effet protecteur contre le Covid-19, selon une étude publiée cette semaine dans la revue « Nature Communications ».

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20 Minutes – Fièvre, maux de gorge et état fébrile : quand son fils de 7 ans et demi a déclaré ses premiers symptômes il y a quelques jours, Laure l’a aussitôt emmené passer un test antigénique, qui s’est révélé positif. Dans la foulée, la jeune femme passe un test. Il revient négatif. « Mais très vite, j’ai commencé à avoir des maux de tête et de gorge. Et à J + 2, mon deuxième test était positif. Mon mari, en revanche, rien. Pas de symptômes, et un résultat négatif ».

A la maison, la petite famille ne prend pas de précaution particulière. « La belle-fille de ma collègue l’a attrapé à l’école, et elle et son conjoint l’ont isolée dans sa chambre une semaine, lui déposant ses repas devant sa porte. Chacun fait comme il le sent, mais mon mari et moi ne nous serions jamais imaginé arrêter tout geste tendre envers notre fils. Il a continué à le prendre dans ses bras, à dîner à table avec nous. Et puis, nous avons tous les deux reçu notre troisième dose. Mon conjoint a refait un test, encore négatif, et s’est étonné de ne pas être contaminé. Ces derniers temps, il a pas mal été enrhumé. Et à chaque coup de froid, il se demandait si ce n’était pas le Covid-19 ».

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Et si justement, c’étaient ces petits rhumes – en plus du vaccin – qui avaient eu un effet protecteur ? C’est ce qu’avance une étude publiée cette semaine dans la revue scientifique Nature Communications par des chercheurs de l’Imperial College de Londres.

L’immunité cellulaire stimulée par le rhume

« Etre exposé au virus SARS-CoV-2 n’entraîne pas toujours une infection, et nous avons voulu comprendre pourquoi », explique le Dr Rhia Kundu, membre de l’Institut national du cœur et des poumons de l’Imperial College de Londres et auteure principale de l’étude, dans un entretien diffusé par la prestigieuse université. Pour le découvrir, les chercheurs ont lancé leurs travaux en septembre 2020, alors que la population au Royaume-Uni avait été peu contaminée et peu vaccinée. Ils ont sélectionné un échantillon de 52 personnes vivant avec une personne infectée par le Covid-19 (avec confirmation par test PCR), donc exposées au virus. Chaque participant a passé trois tests PCR (Le jour J, à J + 4 et J + 7), pour détecter toute contamination. Résultat : 26 tests positifs, 26 négatifs.

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Dans le même temps, des échantillons de sang leur ont été prélevés (le jour J, à J + 7 et J + 28), afin de déterminer leurs niveaux de cellules T préexistantes. Et ces taux étaient significativement plus élevés dans la moitié épargnée par le virus. « Nous avons découvert que des niveaux élevés de cellules T préexistantes, créées par l’organisme lorsqu’il est infecté par d’autres coronavirus humains tels que le rhume, peuvent protéger contre l’infection au Covid-19 », confirme le Dr Kundu. En clair, pour les chercheurs : le rhume contracté par les participants testés négatifs les a protégés du Covid-19.

Une piste à suivre pour de nouveaux vaccins

Mais pour le Dr Kundu, pas question de recommander aux populations de miser sur le rhume pour tenir le Covid-19 à distance. « Bien qu’il s’agisse d’une découverte importante, ce n’est qu’une forme de protection, et personne ne devrait se fier uniquement à cela. La meilleure façon de vous protéger contre le Covid-19 est d’être complètement vacciné, et de recevoir votre dose de rappel », a-t-elle insisté.

Et cette découverte pourrait justement permettre d’élaborer des vaccins anti-Covid universels de deuxième génération, plus efficaces pour protéger contre de nouveaux variants à échappement immunitaire, à l’instar de la souche Omicron. « Notre étude fournit la preuve la plus claire à ce jour que les cellules T induites par les coronavirus du rhume jouent un rôle protecteur contre l’infection au SARS-CoV-2 », souligne le Pr Ajit Lalvani, coauteur de l’étude et directeur de l’Unité de recherche sur la protection de la santé des infections respiratoires du NIHR à l’Imperial College.

Par quels mécanismes cette mémoire immunitaire, logée dans nos lymphocytes T après un rhume, pourrait-elle donner naissance à de nouveaux sérums protecteurs ? « Ces cellules T offrent une protection en s’attaquant aux protéines internes du virus plutôt qu’à la protéine Spike, qui elle est à sa surface, selon le Pr Lalvani. De nouveaux vaccins incluant ces protéines internes induiraient donc une réponse des lymphocytes T, qui devraient protéger contre les variants actuels et futurs du SARS-CoV-2 ».

Source: Par Anissa Boumediene 20 Minutes

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