Face aux antivax et aux anti-pass, le gouvernement opte pour la marginalisation

Entre pédagogie et marginalisation, les macronistes ne s’inquiètent pas outre-mesure du mouvement de mobilisation contre le pass sanitaire.

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C’est un nouveau défi pour le gouvernement. Chaque week-end, plusieurs centaines de milliers de personnes manifestent un peu partout en France contre l’instauration du pass sanitaire. Samedi prochain, une nouvelle journée de mobilisation est prévue alors qu’ils étaient 214.845 dans les rues, la semaine passée, selon le ministère de l’Intérieur. Face à ce mouvement qui ne désemplit pas, et pourrait se renforcer à la rentrée, la majorité tente la marginalisation, en misant sur « la majorité silencieuse » qui a choisi la vaccination.

« Chaque jour, la majorité silencieuse s’exprime en se vaccinant»

Après les bars, restaurants, hôpitaux et trains, plus de 120 grands centres commerciaux et magasins de la région parisienne et de la moitié sud de la France contrôlent désormais systématiquement le pass sanitaire. A l’image du porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, en déplacement ce mercredi en Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’exécutif entend montrer la bonne mise en œuvre du pass sanitaire pour mieux marginer la mobilisation.  « Il y aura toujours quelques poignées de personnes butées et obstinées, mais dans les faits, le pass sanitaire ne pose aucun problème. Sa mise en place se déroule très bien et permet de rassurer les gens », salue la députée Anne Genetet, porte-parole du groupe La République en marche.

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« Le pass sanitaire est un passeport pour la liberté, abonde François Patriat, le patron des sénateurs LREM. La fraction d’antivax a bien la chance d’avoir le reste du pays qui se vaccine et le protège. Chaque jour, la majorité silencieuse s’exprime en se vaccinant ». Mercredi, le Premier ministre Jean Castex s’est félicité des « 40 millions de Français disposant d’un schéma vaccinal complet », alors que l’exécutif espère franchir le cap des 50 millions de primo-vaccinés fin août.

Les Antilles, « la preuve par l’exemple »

Pour mieux convaincre les récalcitrants, la majorité s’appuie sur la crise en Guadeloupe et en Martinique, où le taux de vaccination est bien plus bas que celui de métropole. « Malheureusement, la situation sanitaire terrible dans les Antilles est la preuve par l’exemple. Cela permettra, je l’espère, une prise de conscience. Les débats autour du vaccin font l’objet de désinformation sur internet, alors que toutes les données sont publiques. La défiance n’a plus lieu d’être », veut croire Jean Terlier, député du Tarn et porte-parole du groupe LREM.

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« J’espère que l’exemple aux Antilles a poussé ceux qui procrastinaient à se faire vacciner. La fin de la gratuité des tests, les vacances, et la pression sociale, permettront aussi de convaincre quelques-uns des réfractaires, poursuit le député LREM de Paris Sylvain Maillard. Les sondages le montrent : l’immense majorité des Français a clairement choisi le vaccin et le pass sanitaire, il n’y a pas de débat. » Selon un sondage de l’Ifop publié dimanche, seul un tiers du pays soutiendrait la mobilisation contre le pass sanitaire (et 50 % contre).

Un caillou dans la campagne d’Emmanuel Macron ?

La rentrée pourrait toutefois amplifier le mouvement de contestation, selon les renseignements territoriaux, avec le retour de vacances et la mise en place de restrictions pour les élèves non-vaccinés. A Franceinfo, le secrétaire du syndicat des commissaires de police s’inquiète ainsi d’une rentrée « un peu compliquée ».

Chez les macronistes, on tente de calmer le jeu. « Est-ce qu’on a déjà connu un mois de septembre ou l’on ne disait pas que la rentrée allait être chaude ? C’est un moment propice aux mobilisations, et on peut imaginer que certains souhaitent se saisir de cette période à quelques mois de la présidentielle », dénonce Anne Genetet. Même topo pour François Patriat, proche du chef de l’Etat : « Une partie des manifestants sont des anti-Macron primaires et chercheront à l’affaiblir avant la présidentielle. C’est pour ça, aussi, qu’il faut tenir bon. Le moindre signe de faiblesse du gouvernement serait un recul contre-productif ».

Source: Thibaut Le Gal Pour 20 Minutes

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