France – Des cambrioleurs font condamner un septuagénaire qui avait piégé sa maison avec des explosifs

En septembre 2018, lors d’une tentative de cambriolage dans une maison d’Yvignac-la-Tour près de Dinan (Côtes-d’Armor), les gendarmes avaient découvert des pièges explosifs qui protégeaient la longère. Le propriétaire de la maison était jugé ce jeudi 9 juillet en même temps que ses cambrioleurs.

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Le tribunal correctionnel de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) a statué ce jeudi sur des faits plutôt singuliers commis en septembre 2018, sur la commune d’Yvignac-la-Tour, près de Dinan (Côtes-d’Armor). Ce jour-là, trois jeunes avaient tenté de cambrioler une maison, profitant de l’absence de son propriétaire qui se trouvait à l’étranger, rapporte France Bleu.

Les voleurs avaient brisé le carreau d’une fenêtre de cette longère servant d’entrepôt d’objets, avant de constater que des pièges explosifs avaient été placés un peu partout. Contre toute attente, les trois cambrioleurs avaient alerté les gendarmes.

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La maison piégée de toutes parts

Arrivés sur place, les gendarmes ne trouvent personne mais aperçoivent une fenêtre ouverte et découvrent « un dispositif de mise à feu qui s’enclenche », forçant les forces de l’ordre à reculer, a expliqué à l’AFP la procureure de Saint-Malo Christine Le Crom.

« Les gendarmes font alors appel à une équipe de déminage de Brest car la maison était intégralement piégée, avec des fils tendus, des dispositifs faits de cartouches, positionnés de telle manière qu’il y en avait un qui pouvait tirer au niveau des jambes, du thorax et de la tête ». Christine Le Crom, procureure de la République de Saint-Malo.

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Aux portes et fenêtres se cachaient grenades lacrymogènes, canons avertisseurs et autres explosifs artisanaux. De plus, ils se reliaient entre eux via de fines ficelles ! Les professionnels affirment que certains explosifs auraient pu tuer tout individu ayant tenté d’entrer par effraction. Il fallait donc l’intervention de démineurs professionnels pour désamorcer l’installation.

Certains explosifs auraient pu tuer un intrus

C’est ainsi que le retraité, conservateur de musée à l’étranger, et deux des trois cambrioleurs se sont retrouvés au tribunal ce jeudi. À la barre, le septuagénaire, ancien militaire et garde du corps, a assuré avoir « un trop grand sens de la vie pour penser à tuer des gens ».

Il a ajouté que cette maison, héritée de son père, n’a ni eau courante ni électricité. Par conséquent, il ne pouvait « pas mettre d’alarme » alors qu’il y entreposait des objets personnels.

L’homme à la carrure massive a toutefois reconnu avoir été négligent. D’autant que d’après des expertises effectuées sur les engins explosifs récupérés, certains auraient pu tuer n’importe quel intrus. Le voisinage était au courant que la maison était piégée. Les trois jeunes aussi, et ils auraient tenté le cambriolage par défi.

Amende de 2000 euros avec sursis pour le propriétaire

Ainsi, le septuagénaire et deux des trois voleurs ont comparu devant le tribunal correctionnel de Saint-Malo le jeudi 9 juillet 2020. Durant l’audience, le retraité s’est défendu en expliquant qu’il n’a jamais envisagé d’éliminer qui que ce soit.

« J’ai un trop grand sens de la vie pour tuer des gensJ’ai hérité cette maison de mon père qui était un grand collectionneur, mais je n’y suis jamais. Je m’en sers pour stocker ses objets. Il n’y a ni l’eau ni l’électricité, je ne peux pas mettre d’alarme, mais j’ai été négligent, je le reconnais » , a-t-il déclaré.

Inflexible, le tribunal a finalement condamné le vieil homme à payer une amende de 2000 euros avec sursis, doublée d’une interdiction de détention d’armes pendant trois ans. Quant aux deux cambrioleurs, ils ont écopé de deux et trois mois de prison avec sursis.

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