France – La pollution des rivières s’accentue pendant le confinement

L’absence des pêcheurs le long des cours d’eau durant plusieurs semaines fait craindre une recrudescence des épisodes de pollution dans les rivières d’Ille-et-Vilaine, déplore le président départemental de la Fédération de pêche.

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Depuis le 17 mars, personne ne surveille plus sur les rivières, en raison du confinement. Les pêcheurs, les promeneurs également, veillaient au grain, sans oublier la police de l’environnement et l’Office français de la biodiversité (OFB), désormais bien occupé à d’autres priorités.

Jérémy Grandière, le président de la Fédération des pêcheurs d’Ille-et-Vilaine, l’a bien constaté. « Quand il n’y a plus de pêcheurs au bord de l’eau, ça n’a pas du tout un impact positif. Les pêcheurs sont les sentinelles des rivières. Ce sont eux, avec les promeneurs, les kayakistes et les riverains, qui sont les meilleurs garants du respect des cours d’eau, de la faune et de la flore aquatique », explique-t-il.

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Le suivi des populations de poissons n’est plus assuré

Jérémy Grandière pointe aussi du doigt un autre problème : entre 20 et 30 % des pêcheurs n’ont pas acheté leur permis pour cette année. « C’est une perte d’argent conséquente pour la Fédération et c’est autant de ressources qui vont manquer pour restaurer les espaces naturels », regrette-t-il.

Il assure également que le confinement n’aura pas d’impact positif sur les populations de poissons, puisque les dates d’ouverture de la pêche sont étudiées pour les préserver. « Mais le suivi n’est plus assuré pour certaines espèces comme le brochet, dont c’est justement la période de reproduction en cette période, ajoute Jérémy Grandière. Ce confinement tombe vraiment au pire moment pour les rivières. »

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Depuis qu’il n’y a plus personne au bord des rivières pour en assurer la surveillance, cela a donc poussé certains pollueurs à mal agir. C’est ainsi qu’à Romagné, le ruisseau du Thouru (un affluent du Couesnon) a été pollué, détruisant une réserve de reproduction de truites naturelles vieille de cinq générations. Cela représentait plusieurs années de labeur.

De ce fait, la tension monte entre la Fédération de pêche d’Ille-et-Vilaine et les services de l’État en charge de la surveillance des cours d’eau. Par ailleurs, en Bretagne, les rivières fournissent 80% de l’eau potable. De tels agissements représentent un drame écologique, à noter toutefois que les épandages de lisiers ne sont pas les seules sources de pollution de l’eau.

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