Ghislaine Boriller, restauratrice de 36 ans, se suicide parce que son resto routier est considéré « non essentiel »

Ce mardi 17 novembre, la disparition d’Alysson, jeune barbière à Liège, provoquait une vive émotion sur les réseaux sociaux. Acculée par des difficultés financières en pleine crise sanitaire, la jeune femme de 24 ans a mis fin à ses jours. Au même moment, en France, c’est le suicide d’une autre indépendante qui suscite un vif émoi.

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Au même moment, en France, une autre disparition tragique fait réagir sur les réseaux sociaux. Ghislaine Boriller, une restauratrice de 36 ans, a mis fin à ses jours le week-end dernier. Cette maman d’un garçon de 10 ans était patronne du restaurant Le Kenyah, à Plougoumelen, dans le Morbihan, en Bretagne.

La patronne du restaurant routier Le Kenyah avait repris l’affaire familiale en 2017, son père étant décédé 32 ans après avoir créé cet établissement. Au bout de neuf mois de restrictions dues à la crise sanitaire, le coup fatal a été porté par l’annonce que Le Kenyah n’était pas choisi par la préfecture pour rester ouvert.

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En effet, la préfecture a annoncé le 7 novembre qu’elle avait pris un arrêté pour autoriser six restaurants routiers à rester ouverts, entre 18 h et 10 h, indique France Bleu. « Pourquoi n’a-t-on pas été choisis alors qu’il n’y a aucun établissement entre Muzillac et Lorient ? » se désolait la mère de famille.

Après des manifestations des patrons des restos routiers, deux autres relais routiers ont réussi à obtenir une autorisation d’ouverture dans le département. Parmi eux se trouvent Le Poulvern à Landaul et Le Relais de Gohélève à Noyal-Pontivy, rapporte Le Télégramme.

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Toutefois, le restaurant de Ghislaine n’a pas reçu cette précieuse autorisation, ce qui a mené à ce drame.

« Ghislaine, la patronne du Kenyah, le restaurant ouvrier situé à la zone du Kenyah à Plougoumelen, nous a quittés cette semaine », a écrit un de ses voisins, patron d’une PME industrielle, nous apprend Transportissimo.

« Les mois ont été longs pour elle et son équipe, elle a affronté, comme beaucoup de restaurateurs, l’impact indirect du covid », ajoute-t-il. « J’ai eu la chance et le plaisir de pouvoir manger une dernière fois avec elle ce lundi midi. Mais elle n’allait vraiment pas bien. L’annonce d’ouverture de certains restaurants routiers et pas le sien lui a mis un sacré coup. Mardi soir, je n’ai pas su trouver les mots pour lui faire comprendre qu’elle devait se ressaisir. »

Ghislaine Boriller “Pourquoi n’a-t-on pas été choisi”

Dans le Morbihan, 6 restaurants routiers avaient pu rouvrir le 7 novembre dernier. Le 12 novembre, 2 autres restaurants routiers avaient également bénéficié d’une autorisation d’ouverture. L’établissement de Ghislaine, pourtant bien connu des routiers et situé à proximité d’un axe majeur de la région, n’en faisait pas partie. Une situation que déplorait la jeune femme, « alors qu’il n’y a aucun établissement entre Muzillac et Lorient ». Comme le rapportent nos confrères de Transportissimo, dans un message laissé sur le compte Facebook de la restauratrice, un voisin aurait expliqué la détresse de Ghislaine. « Les mois ont été longs pour elle et son équipe, elle a affronté, comme beaucoup de restaurateurs, l’impact indirect du Covid. J’ai eu la chance de pouvoir manger une dernière fois avec elle ce lundi midi (le 9 novembre). Mais elle n’allait vraiment pas bien. L’annonce d’ouverture de certains restaurants routiers et pas le sien lui a mis un sacré coup. Mardi soir, je n’ai pas su trouver les mots pour lui faire comprendre qu’elle devait se ressaisir ». Le message a, depuis, été supprimé.

Presque au même moment où la patronne du Kenyah s’enlevait la vie, c’est une jeune coiffeuse indépendante de Belgique, âgée de 24 ans, qui s’est suicidée mardi 17 novembre, parce qu’elle avait tout perdu alors qu’elle venait d’ouvrir son salon à Liège il y a trois mois.

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