Ils ont connu le confinement pendant la Seconde guerre mondiale et ils ont un message à vous faire passer

Belgique, France, Italie… de nombreux pays européens ont désormais pris des mesures exceptionnelles de confinement face à la propagation du coronavirus. Durant quelques semaines, les citoyens doivent restés cloîtrés chez eux. Yves et Marinette, un couple de retraités, se souviennent, eux, d’un tout autre confinement, celui de la Seconde guerre mondiale. Un confinement bien différent de celui que l’on connaît aujourd’hui en Europe.

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Le Huffington Post a rencontré Yves, 90 ans, et Marinette, 87. Ils ont connu le confinement lors de la Seconde guerre mondiale. Ils sont unanimes sur la question: le confinement d’alors était bien pire.  En 1939, ils ne pouvaient sortir de chez eux qu’en cas d’extrême nécessité: pour aller chez le médecin et chercher de la nourriture. S’ils ne respectaient pas les règles, ce n’est pas une amende qu’ils risquaient mais une arrestation par les soldats allemands.

Ils vivaient à La Ciotat et Aubagne, deux villes des Bouches-du-Rhône. La nourriture était rationnée, chaque ménage recevait un peu de pain, de la viande et du sucre. D’après Yves, « le pain était dégoutant ». Leur situation actuelle est vraiment différente. Marinette souligne : « j’ai plein de biscuits différents et quelques réserves de conserves, ma fille m’a fait quelques courses et elle me dépose de la nourriture devant ma porte quand je n’en ai plus. »

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« J’avais 11 ans. Comme aujourd’hui, l’école était arrêtée, mais pourtant la situation était différente de ce que les élèves vivent aujourd’hui», se souvient Marinette. L’école étant fermée, la jeune fille partait donc travailler chez un voisin où elle ramassait les légumes. A la fin de sa journée de boulot, elle recevait un œuf.

Le confinement constitue une chance pour raffermir les liens

Au lieu d’une simple amende, ils risquaient de recevoir une balle s’ils ne respectaient pas les règles de confinement. Toutefois, les personnes violentes existaient déjà. Certains Marseillais exigeaient que les paysans leur vendent des légumes, c’étaient « de vrais sauvages. »

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Comme elle, son époux Yves a vécu la Seconde guerre mondiale, dans les Bouches-du-Rhône. « Nous étions bien obligés de respecter le confinement ! À notre époque ce n’était pas un virus, mais les bombes qui pouvaient nous tomber dessus ».

À la maison, il n’y avait rien à faire, si ce n’est discuter avec sa famille ou écouter les informations via le poste de radio.

« Ne soyez pas égoïstes »

Grands-parents d’une petite-fille aujourd’hui, ils sont catégoriques : ils préfèrent le confinement de 2020. Leurs placards, aujourd’hui, ne sont pas vides. Les magasins ne connaissent pas de rupture de stock. Les Français ne reçoivent pas de carte de rationnement.

Durant la guerre, ces cartes de rationnement donnaient droit à quelques aliments de base : du pain, du sucre et un peu de viande. « Le pain était dégoûtant, la mie avait un goût de mastic », se rappelle Yves. « Pour le petit-déjeuner, j’en prenais un bout avec du sucre et j’essayais de me rationner de cette façon. »

« Nous qui avons vécu la guerre, on se rend bien compte de la chance que nous avons de manger à notre faim, et nous sommes aussi conscients qu’il ne faut pas avoir de comportement égoïste! », insiste le couple, après avoir vu des milliers de gens dévaliser les supermarchés.

Le couple adresse un message aux plus jeunes : « vous avez vos téléphones portables, vous pouvez communiquer entre vous, si vous sortez faire des courses, avec des précautions vous ne risquez pas de voir vos proches mourir fusillés. Profitez de ce temps pour rire ensemble, discuter, ne cédez pas à la panique, et s’il vous plaît, ne soyez pas égoïstes. »

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