Italie, Espagne… ces pays où les bars et restaurants sont ouverts, mais maintiennent leurs couvre-feux

Un air de liberté s’est levé en Italie, aussi en Espagne. On peut enfin aller boire un café à la terrasse d’un bar, s’attabler dans un bon restaurant. Les musées aussi ont enfin pu rouvrir, mais seulement en semaine pour éviter les concentrations de personnes.

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Si la fermeture des bars et restaurants est devenue la règle ces derniers mois dans la plupart des pays européens pour lutter contre la propagation du Covid-19, certains de nos voisins vont à contre-courant.

En France, leur réouverture n’est pas envisagée par le gouvernement avant la mi-février au plus tôt. Et gare à ceux qui enfreindront les règles. Les restaurants qui se risqueraient à servir des clients à table verront leur accès au fonds de solidarité « suspendu pendant un mois », et définitivement en cas de récidive, a annoncé lundi 1er février le ministre de l’Économie Bruno Le Maire sur RTL.

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L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pourtant averti jeudi qu’il était « trop tôt pour assouplir » les restrictions en raison de la circulation « encore très élevée » du virus. « L’Italie est à contre-courant », a confirmé Walter Ricciardi, un expert en santé publique qui conseille le ministère italien de la Santé face à la pandémie, dans un entretien vendredi avec l’AFP.

« Il faut encore faire preuve de la plus grande prudence »

Ce week-end, alors que cet assouplissement avait été annoncé mais n’était pas encore en vigueur, des milliers de personnes se sont déversées dans les rues et les parcs des grandes villes, conduisant le ministre de la Santé Roberto Speranza à lancer une mise en garde : « Le classement en zone jaune ne signifie pas que nous avons échappé au danger, il faut encore faire preuve de la plus grande prudence si nous ne voulons pas annuler les progrès accomplis ces dernières semaines ».

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Source de vidéo: Le Parisien

Les dirigeants italiens sont monopolisés par la crise politique provoquée par la démission mardi du Premier ministre Giuseppe Conte, qui expédie les affaires courantes en attendant que les consultations politiques en cours aboutissent à une solution. L’Italie, premier pays européen durement touché par la première vague de coronavirus, a enregistré plus de 88 000 morts depuis le début de la pandémie, et la troisième économie de la zone euro a plongé dans sa pire récession depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Si cette mesure vaut chez les plupart de nos voisins, dont la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou encore les Pays-Bas, certains pays européens ont fait le choix d’imposer moins de restrictions à leur population en laissant notamment les restaurateurs accueillir des clients, à table, selon plus ou moins de conditions.

L’exemple italien

À contre-courant de ses voisins européens, l’Italie notamment a assoupli les restrictions anti-Covid en vigueur dans la plupart de ses régions, permettant notamment la réouverture des bars et restaurants en journée. À compter du 1er février, les restaurateurs italiens qui ne pouvaient jusqu’ici faire que de la vente à emporter, peuvent de nouveau accueillir des clients dans leurs établissements jusqu’à 18h, mais en nombre limité et en respectant les règles de distanciation.

Pour rappel, plus aucune région n’est classée « rouge » en Italie, le niveau de risque le plus élevé et la grande majorité des régions italiennes sont désormais classées au niveau « jaune », c’est-à-dire à risque modéré, à l’exception du Haut-Adige (nord), de l’Ombrie (centre), des Pouilles, de la Sardaigne et de la Sicile (sud), classées en « orange » (risque moyen).  C’est cet abaissement du niveau de risque, décidé sur la base de critères comme le taux d’occupation des services de réanimation ou le taux de propagation du virus, qui a permis la réouverture des bars et restaurants en journée et l’assouplissement des déplacements.

L’exemple espagnol

En Espagne, les mesures sanitaires ne sont pas nationales mais propres à chaque région, à l’exception du couvre-feu qui est en vigueur partout dans le pays. C’est ainsi qu’il est possible de prendre un café ou de déjeuner à la terrasse d’un restaurant à Madrid (dans la limite de quatre personnes) ou Barcelone mais pas à Valence ou en Galice, où la restauration est fermée.Cette stratégie, qui contraste avec celle d’autres pays européens dont la France, attire d’ailleurs de nombreux touristes étrangers. Pourtant, avec un taux d’incidence presque quatre fois supérieur à celui de Paris, Madrid est loin d’être épargnée par l’épidémie de Covid-19. La réponse, là, est économique. Le gouvernement a reconnu n’avoir pas les moyens de reconfiner, se contentant d’un couvre-feu à 22h à Madrid, par exemple.

L’exemple portugais

Quand de nombreux pays s’étaient refermés à l’automne dernier, le Portugal avait opté pour un couvre-feu laissant, entre autres, ses restaurants ouverts. Face à une recrudescence du nombre de nouveaux cas détectés chaque jour, et à une pression croissante sur les hôpitaux du pays, le gouvernement s’est résolu à imposer un deuxième confinement en vigueur depuis le 14 janvier. Ces nouvelles restrictions comprennent la fermeture des restaurants qui se limitent désormais à une activité de vente à emporter ou de livraison.

L’exemple des pays nordiques

Le gouvernement norvégien a annoncé samedi 30 janvier la levée de plusieurs mesures de semi-confinement à Oslo et sa région, prises quelques jours plus tôt après la détection de cas du variant britannique du coronavirus dans une localité proche de la capitale.Les restaurants pourront y rouvrir dès le mercredi 3 février, tout comme dans 24 autres communes environnantes concernées par les restrictions, sans toutefois pouvoir servir d’alcool. En Suède et en Finlande également, bars et restaurants demeurent ouverts.

Franbuzz Avec AFP

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