La buraliste d’Albi, qui refusait de servir les femmes voilées, relaxée par la cour d’appel de Toulouse

En 2018, une buraliste d’Albi avait été condamnée à 1000 euros d’amende et 10000 euros de dommages et intérêts pour avoir refusé à plusieurs reprises de servir des femmes voilées. Elle vient d’être relaxée ce 30 juin par la Cour d’Appel de Toulouse.

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En juin 2018, une buraliste albigeoise avait été condamnée à une amende de 1000 € ainsi qu’un peu moins de 10000 euros de frais et de dommages et intérêts pour discrimination religieuse, après avoir refusé de remettre ou de prendre les colis de 4 femmes voilées.

Ces dernières avaient porté plainte, et le tribunal d’Albi avait condamné la commerçante. Plusieurs associations s’étaient également constituées parties civiles, la Licra (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme), et le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples).

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La buraliste avait décidé de faire appel de cette décision. Bien lui en a pris car la cour d’appel de Toulouse, après avoir examiné le dossier le 1er juin dernier, vient de rendre son verdict et l’a relaxée.

La buraliste qui refusait de servir des femmes voilées relaxée

Entre 2015 et 2018, Marie Pinier, buraliste à Albi, avait refusé de prendre ou délivrer des colis à plusieurs femmes voilées. En effet, cette dernière demandait à ses clientes de retirer leurs voiles pour être servies pour « des raisons de sécurité« . Craignant que quelqu’un pénètre dans son commerce avec une arme, elle aurait agi de cette façon avec toutes les personnes qui portaient chapeau, casquette ou autre couvre-chef.

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Suite à plusieurs plaintes déposées, la commerçante avait d’abord été condamnée pour discrimination religieuse à une amende de 1000 euros ainsi que 10.000 euros de dommages et intérêts. Ce mercredi 30 juin, Marie Pinier a finalement été relaxée par la Cour d’Appel de Toulouse.

Les parties civiles « déçues » par cette décision

Si la buraliste n’a pas souhaité s’exprimer, son avocat Me Simon Cohen a brièvement réagi, saluant cette décision : « Marie Pinier ne s’est comportée contre la loi mais dans le respect de celle-ci. Quelle que soit la nature du couvre-chef, quelle que soit la nature du moyen permettant de dissimuler partiellement le visage, tous étaient traités de manières égale au sein de ce commerce« .

Les associations qui se s’étaient portées parties civiles comme le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) et la Licra se disent toutefois très déçues. Selon elles, il s’agit d’une décision incitant à la discrimination et qui « n’appelle pas à l’apaisement« . Elles envisagent de saisir la Cour de Cassation.

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