Le codétenu d’Adama Traoré, qui l’accusait de viol, a été indemnisé

Alors qu’il avait déposé plainte pour viol contre Adama Traoré, deux mois avant sa mort, un ancien détenu a été indemnisé par la Civi (Commission d’indemnisation des victimes d’infractions), qui a établi des faits d’agression sexuelle.

publicités

Une indemnisation mais pas de condamnation. L’ancien co-détenu d’Adama Traoré qui a porté plainte contre lui pour des viols a été indemnisé par la commission d’indemnisation des victimes d’infraction (Civi), a appris 20 Minutes, confirmant une information du Point.

Une affaire dans l’affaire

En mai 2016, deux mois avant sa mort, Adama Traoré avait fait l’objet d’une plainte pour viol déposée par un individu de 23 ans à l’époque, détenu dans la même cellule à la prison d’Osny. Le jeune homme aurait confié ce drame présumé à sa mère, selon Le Point. Celle-ci aurait déclaré : « Dès que je l’ai vu, il s’est mis à pleurer. Je lui ai demandé ce qui se passait, il m’a répondu par deux fois : « Il m’a violé. » Je lui ai demandé qui ? Il m’a dit : « Mon ancien codétenu, Adama Traoré. » » L’enquête sur ces faits, du fait de la mort d’Adama deux mois plus tard, n’aura pas lieu. Le procureur de la République de Pontoise constate l’extinction de l’action publique pour cause de décès le 14 septembre 2016.

publicités

Selon la Civi, la victime aurait alors remis «une lettre à un surveillant » et évoqué les faits «de façon particulièrement circonstanciée lors d’un entretien avec un chef de détention». Placé à l’isolement le 17 mai 2016, il n’aurait ensuite plus répondu aux sollicitations du personnel et aurait tenté de se suicider par pendaison. La Civi conclut que de ces faits résulte «que la matérialité des infractions d’agressions sexuelles dénoncées doit être considérée comme établie. Le retentissement psychologique de ces faits commis sur une personne fragile et vulnérable au sein d’un établissement pénitentiaire justifie l’allocation d’une indemnité de 15.000 euros».

Agressions sexuelles et expédition punitive

Pour rendre sa décision (qui date de mars 2020), la Civi s’est appuyé, en plus des déclarations du plaignant, sur une lettre remise à un surveillant et d’un entretien avec un chef de détention où les faits avaient été décrits de façon «particulièrement circonstanciée». Elle a ainsi estimé que «la matérialité des infractions d’agressions sexuelles dénoncées doit être considérée comme établie». Selon elle, leur «retentissement psychologique (…) justifie l’allocation d’une indemnité de 15.000 euros».

publicités

Contacté par Le Point, l’avocat de la famille Traoré a simplement rappelé qu’Adama n’avait jamais été convoqué dans cette affaire et n’avait donc pas pu donner sa version des faits.

L’ancien codétenu d’Adama Traoré n’avait saisi la Civi qu’en décembre 2018 pour obtenir une indemnisation. Il l’avait fait pour les agressions sexuelles dont il dit avoir été victime, mais aussi pour une expédition punitive menée par le frère d’Adama, Yacouba, et un de ses amis, en février 2017. Les deux hommes l’avaient alors violemment frappé (sept jours d’ITT). Yacouba Traoré avait d’ailleurs écopé de 18 mois de prison dans cette affaire. Une autre indemnité sera versée au plaignant pour ces violences.

Franbuzz sur Facebook

Répondre