Le Conseil d’État interdit les tirs d’effarouchement des ours bruns dans les Pyrénées

La plus haute instance de la justice administrative estime que ces tirs non létaux destinés à empêcher les attaques de troupeaux peuvent porter atteinte à la survie de cette espèce menacée.

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La possibilité de recourir à des tirs non létaux pour effrayer les ours bruns dans les Pyrénées françaises a été annulée par le Conseil d’État.

Dans une décision rendue le 4 février, la plus haute instance de la justice administrative a partiellement annulé un arrêté du 27 juin 2019 autorisant des mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées françaises, incluant des « tirs non létaux », des mesures expérimentées depuis 2019.

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Les défenseurs des ours ravis… les éleveurs inquiets

Parmi les associations qui ont porté ce recours devant le conseil d’état, l’association Ferus. Patrick Leyrissoux, en charge du dossier « ours » au sein de cet organisme se réjouit évidement de la décision qui vient d’être rendue :

« Je trouve que c’est une excellente nouvelle. Cela fait deux ans que l’on se bat contre cette mesure d’effarouchement renforcée pour des raisons d’efficacité et d’éthique. On n’a qu’une cinquantaine d’ours dans les Pyrénées. Ces tirs peuvent occasionner des blessures qui mettent les ours et leurs petits en difficulté » détaille le défenseur des animaux.

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Les éleveurs, eux, globalement, ne sont pas du même avis. Sophie Alzieu est éleveuse de brebis transhumantes,  et membre du syndicat agricole de la FDSEA en Ariège. Elle s’inquiète de l’interdiction de ces tirs non létaux :

« Les tirs d’effarouchement, cela permettait quand même d’avoir un peu plus d’efficacité sur la protection des troupeaux. Déjà que la situation est difficile sur le terrain, là elle l’est encore plus. Je pense que certains éleveurs vont se poser la question de mettre leurs bêtes en estive ou pas. »

Une espèce menacée de disparition

Le Conseil d’État, saisi par l’association Ferus, estime que les mesures d’effarouchement simple (..) « ne sont pas de nature à porter atteinte au maintien des populations d’ours ou à compromettre l’amélioration de l’état de conservation de l’espèce » .

En revanche, la possibilité de procéder à du tir non létal, « sans encadrer davantage ses conditions de mise en œuvre (…) ne permettent pas de s’assurer » que les dérogations ne portent pas atteinte « au maintien des populations concernées dans leur aire de répartition naturelle et ne compromettent pas l’amélioration de l’état de l’espèce ». Les ours bruns, dont la population tourne autour d’une cinquantaine d’individus, sont en danger critique d’extinction dans les Pyrénées.

Trois ours ont été tués par l’homme en 2020. Fin janvier, la Commission européenne a demandé à la France de procéder à de nouvelles réintroductions, conformément aux engagements pris dans son plan national ours de 2018. De part et d’autre des Pyrénées, la présence de l’ours est décriée, parfois combattue, notamment par les éleveurs qui déplorent des prédations de brebis.

En 2019, quelque 1.173 animaux avaient été tués par des ours et 36 ruches détruites. En 2020, le bilan montre « une baisse du nombre des victimes de prédation« , selon la préfecture d’Occitanie.

Avec AFP

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