Le contrôle technique sera obligatoire pour les deux-roues à partir de 2023

Les motos, cyclomoteurs et scooters devront passer au contrôle technique tous les deux ans à partir de 2023, selon un décret publié ce mercredi. Une mesure obligatoire au niveau européen, mais longtemps repoussée en France.

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Les motos aussi devront passer au contrôle technique à partir de 2023 et tous les deux ans : un décret publié ce mercredi a mis en place cette mesure de sécurité exigée par l’Union européenne, longtemps repoussée, et fortement contestée par de nombreux motards.

« A compter du 1er janvier 2023, les véhicules motorisés à deux ou trois roues et les quadricycles à moteur font l’objet d’un contrôle technique », indique un décret publié mercredi au Journal officiel. Ce nouveau contrôle technique concerne donc tous les deux-roues, 50 cm3 et voitures sans permis compris.

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Un contrôle tous les deux ans

Ce contrôle doit être effectué « dans les six mois précédant l’expiration d’un délai de quatre ans à compter de la date de leur première mise en circulation », puis « renouvelé tous les deux ans », ou avant toute revente du véhicule, comme pour les voitures. Les points de contrôle n’ont pas été précisés, mais il doit être effectué dans un centre de contrôle agréé.

Le premier contrôle aura lieu en en 2023 pour les véhicules immatriculés avant le 1er janvier 2016, en 2024 pour les véhicules immatriculés entre 2016 et 2020, et en 2025 pour les véhicules immatriculés en 2021. Pour les véhicules de collection, le délai entre deux contrôles techniques est porté à cinq ans, sauf en cas de revente. Une directive européenne de 2014 prévoyait la mise en place à partir du 1er janvier 2022 d’un contrôle technique pour les véhicules motorisés à deux et trois roues d’une cylindrée supérieure à 125 cm3, pour lutter contre les accidents et la pollution.

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La plupart des pays européens exigent déjà un contrôle technique pour les motos, selon la Fédération européenne des associations de motocyclistes. Seuls la Finlande, l’Irlande et les Pays-Bas ont adopté des mesures alternatives au contrôle technique pour améliorer la sécurité des motards. La France met donc en place avec un an de retard ce contrôle périodique fortement contesté par les motards. Le gouvernement de Manuel Valls l’avait annoncé en 2015 sans le mettre en place.

Les motards en colère montent au créneau

« On a la surprise de voir ce décret arriver en pleine période estivale, a réagi Jean-Marc Belotti, de la Fédération des motards en colère. C’est scandaleux, c’est un vrai racket, on ne va pas lâcher l’affaire. Il y a une vraie méconnaissance du dossier par les pouvoirs publics français. L’accidentalité des motos et en baisse constante, ce n’est pas un problème de Sécurité routière. C’est un scandale financier arrivé par l’Europe et les groupes de contrôle technique. On demandait des mesures alternatives. »

« Ce contrôle se calque sur les contrôles des voitures. Une moto est beaucoup plus sensible qu’une voiture, dès que quelque chose ne va pas, on le sent tout de suite. Et les éléments de sécurité sont visibles sur un deux-roues, on sait faire le contrôle visuel nous-mêmes. On n’a pas besoin d’un technicien qui nous prenne 50 euros pour nous dire que nos freins sont usés », a souligné le représentant des motards.

134 cyclomotoristes et 615 motocyclistes sont décédés sur les routes de France en 2019, selon l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière. Le contrôle technique avait été mis en place pour toutes les automobiles en France en 1992, avec du retard sur d’autres pays européens mais avec l’adhésion de la majorité des automobilistes.

Avec AFP

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