Le gouvernement est « favorable à un chèque carburant », qu’à une baisse des taxes, indique Bruno Le Maire

Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, était ce lundi matin sur Europe 1. Il est notamment revenu sur l’hypothèse du « chèque carburant », dispositif pour compenser la forte hausse des prix à la pompe.

publicités

Pour apaiser un début de fronde face à la flambée des prix des carburants, le gouvernement semble se diriger vers le versement d’un chèque, qu’il tente de calibrer au mieux, au moment où l’enjeu du pouvoir d’achat fait un retour tonitruant dans la pré-campagne présidentielle.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire et la ministre de la Transition énergétique Barbara Pompili ont tout deux évoqué cette piste lundi, mais aussi les obstacles à lever pour mettre en place un tel chèque carburant.

publicités

Le gouvernement favorable au chèque carburant

Je suis davantage favorable à un chèque carburant plutôt qu’à une baisse de fiscalité ​et à une baisse des taxes​, a indiqué le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Même s’«il reste du travail à faire ​ : permettre que celui-ci soit disponible le plus rapidement possible vers les Français, vers ceux qui en ont le plus besoin ​, a indiqué le ministre de l’Économie.

L’option de la baisse de taxe est injuste ​parce qu’elle ne ciblerait pas les ménages qui en ont le plus besoin et ça coûte très cher​, car une baisse d’un centime, peu perceptible, représente un demi-milliard d’euros ​en moins dans les caisses de l’État, a estimé Bruno Le Maire. Par ailleurs, c’est une subvention à des carburants fossiles, précisément ce qu’on veut éviter ​dans la stratégie de lutte contre le réchauffement climatique, a-t-il affirmé.

publicités

Le gouvernement a annoncé à plusieurs reprises qu’il réfléchissait à la mise en place d’un dispositif pour faire face à la flambée des prix des carburants.

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, est allée dans le même sens sur le plateau de France 2 : La piste, c’est plutôt ça. Après, sous quelle forme, je ne sais pas encore parce qu’on essaie de trouver le moyen qui nous permet de toucher les bonnes personnes​, a-t-elle indiqué.

Réponse aux critiques de Xavier Bertrand et Valérie Pécresse

Est-ce que l’État gagne de l’argent sur cette inflation, comme le supposait Xavier Bertrand, qui avançait le chiffre de 2 milliards d’euros taxes supplémentaires et demandait au gouvernement de « rendre l’argent » ? Ce n’est pas responsable d’opposer cela, en plus c’est faux, c’est un mensonge ​a balayé Bruno Le Maire.

Et de détailler : l’État devrait toucher 2,5 milliards d’euros supplémentaires, mais il devrait également dépenser 5,6 milliards d’euros pour protéger les ménages les plus modestes : L’État va dépenser deux fois plus que ce qu’il va gagner​, a-t-il estimé.

Pour calmer les revendications, est-ce que l’argent magique va continuer à couler à flots ? Il n’y a pas d’argent magique, il y a des dépenses qui ont été annoncées au mois de juillet : police, gendarmerie, justice…

Quant aux propos de Valérie Pécresse, qui estime que le gouvernement « crame la caisse » : les candidats à la présidentielle qui critiquent la gestion de la crise par le gouvernement « ont tort parce qu’ils sont totalement incohérents. On a protégé les Français, les salariés, les compétences, les entreprises », a estimé Bruno Le Maire, pointant le taux de chômage et le taux de faillite qui a faibli, dénonçant l’incohérence de tous ces candidats qui critiquent les dépenses du gouvernement mais qui annoncent dans leurs programmes des dépenses encore plus importantes​.

Un retour des Gilets jaunes ?

Quant au pouvoir d’achat, qui semble s’étioler pour les Français, n’est-il pas le talon d’Achille du gouvernement ?​, a demandé Sonia Mabrouk. Je ne crois pas du tout​, a réfuté le ministre de l’Économie : Je rentre de Washington, nos partenaires internationaux ont dit : chapeau la France​, nous avons rétabli la situation et nous avons une France qui sort en position de force du point de vue économique​.

Questionné sur un potentiel retour des Gilets jaunes, l’arrivée d’une nouvelle colère sociale et d’une dégradation brutale du climat social, Bruno Le Maire ne s’est pas dit inquiet : j’ai la faiblesse de penser que les Français comprendront cette stratégie de long terme, que cette direction qui consiste à redonner un emploi à chaque Français, c’est la bonne stratégie​.

Source: Jeanne NICOLLE-ANNIC pour Ouest-France

Franbuzz sur Facebook

Répondre