Le juge ordonne l’euthanasie d’un chien «considéré dangereux» pour avoir grogné et jappé

Bien que n’ayant jamais mordu personne, une chienne risque aujourd’hui l’euthanasie. Cette décision émane de la Ville de Montréal et fait suite à une évaluation comportementale selon laquelle l’animal constituerait un danger pour la sécurité publique.

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Carolane Parisé ne veut pas euthanasier sa chienne de 3 ans et demi comme l’exige la Ville de Montréal. Dans une demande d’injonction déposée cette semaine, elle explique que la demande est « déraisonnable » et que d’autres mesures pourraient être prises pour préserver la sécurité publique sans pour autant tuer Khaleesi, une femelle Malamute croisée Boxer.

Tout est parti d’une plainte, déposée probablement par des voisins qui ne se sentaient pas en sécurité parce que la chienne s’était déjà retrouvée dans leur cour en jappant, rapporte la chaîne de télévision TVA. Après quelques jours, le 22 juillet 2019, Carolane Parisé, la propriétaire de Khaleesi, a reçu la visite d’agents de prévention en contrôle animale de la Ville de Montréal.

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Risque de 8 sur 10

« Khaleesi n’a aucun antécédent de morsure sur un autre chien ou un humain […]. L’ordonnance d’euthanasie émane uniquement de la possibilité que Khaleesi, comme n’importe quel autre chien, morde un être vivant », peut-on lire dans la demande d’injonction rendue publique hier.

Quelques mois plus tard, dans une salle de la SPCA de Montréal, la vétérinaire Dre Suzanne Lecomte a jugé que le potentiel dangereux de Khaleesi était de 8, sur une échelle de 10. Ce qui signifie que la chienne représente un « risque élevé » pour la sécurité publique.

Même si l’animal n’a aucun antécédent de morsure sur un autre chien ou un humain, Dre Lecomte écrit dans son rapport : « Je crois que Khaleesi pourrait passer à l’étape subséquente de l’agression défensive et mordre », a écrit la vétérinaire Dre Suzanne Lecomte dans son rapport, selon La Presse« Vu sa stature, elle aurait la capacité d’infliger des blessures importantes et, puisque le contexte dans lequel la chienne présente des signes de réactivité est loin d’être exceptionnel, je considère forte la probabilité d’agression. »

L’avocate Anne-France Goldwater tentera de sauver le chien
PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Contre-expertise

Or cette conclusion que la chienne est dangereuse est basée uniquement sur deux incidents « lors desquels Khaleesi a grogné et jappé » pendant l’évaluation, plaide la citoyenne dans sa requête.

La propriétaire demande une contre-expertise par un autre vétérinaire avant que l’euthanasie soit ordonnée. « La défenderesse (Ville de Montréal) n’a pas considéré d’autres options moins excessives, comme la possibilité d’imposer des mesures de sécurité telles que le port d’une muselière en tout temps à l’extérieure du domicile », peut-on lire dans la demande.

De plus, le nouveau règlement sur l’encadrement des animaux domestiques de la Ville de Montréal, de 2018, « met des centaines sinon des milliers de chiens en danger de subir une injustice telle que celle vécue par le demandeur (Carolane Parisé). C’est pourquoi la citoyenne demande de faire invalider deux articles clés du règlement de la Ville.

La maîtresse de Khaleesi ne comprend d’autant pas la position des autorités que sa chienne n’a jamais mordu ni congénère ni humain. L’audience se déroulera vendredi au palais de justice de Montréal.

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