Les Arméniens préfèrent brûler leurs maisons avant l’arrivée des Azerbaïdjanais

Alors que l’Azerbaïdjan doit reprendre le contrôle du Haut-Karabakh dimanche, des habitants de villages ont mis le feu à leurs maisons samedi, avant leur fuite vers l’Arménie, selon un journaliste de l’AFP. Les villageois disent préférer voir leur maison s’effondrer, plutôt que d’être utilisées par leurs rivaux.

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L’heure est, désormais, au décompte funèbre. L’Arménie a rapporté, samedi 14 novembre, la mort de plus de 2 300 de ses soldats dans le conflit pour le contrôle de l’enclave du Haut-Karabakh, qui s’est terminé par un accord de paix consacrant une victoire des forces azerbaïdjanaises.

Plus de 2.300 soldats arméniens tués

« A l’heure actuelle, les corps de 2 317 militaires tués, parmi lesquels des corps non identifiés, ont été pris en charge par le service d’examen médico-légal », a déclaré sur Facebook la porte-parole du ministère arménien de la santé, Alina Nikoghosian. Selon elle, le processus d’échange des corps avec l’Azerbaïdjan ne fait que commencer. « Les belligérants ne disposent pas pour le moment de chiffres définitifs », a-t-elle relevé.

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A chaque fois les mêmes scènes autour des logis en flammes. Des hommes en treillis militaires, de retour des lignes de front – L’Arménie a reconnu ce samedi avoir perdu plus de 2.300 soldats dans le conflit –, embarquent tout ce qu’ils peuvent à bord de camions cahotants. « Si je n’arrive pas à trouver un véhicule, je crame tout », grogne Sargis, 46 ans, assis devant sa maison crasseuse. Les prix ont flambé, et impossible de trouver un véhicule.

Aux pieds du soldat, ses maigres biens : une antenne TV, un lustre des années 70, un gros bidon en plastique, des planches, une niche bricolée dans la tôle où sont entassés des poulets paniqués… « J’ai déjà dû brûler les ruches, je n’ai plus beaucoup de temps ».

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La politique de la terre brûlée

Comme un symbole de ce revers humiliant, les habitants d’origine arménienne, furieux de ce qu’ils vivent comme une « trahison », préfèrent réduire à néant leurs habitations, après avoir pris toutes les affaires qu’ils peuvent, plutôt que de la voir tomber aux mains des forces azerbaïdjanaises.

Un journaliste de l’AFP a vu des habitants incendier leurs demeures ce samedi matin dans le village de Charektar, dans la zone frontalière avec le Nagorny Karabakh. Selon un autre journaliste, de Reuters, la moitié des maisons du village ont déjà été incendiées dans ce village perché dans les montagnes. Officiellement situé en territoire azerbaïdjanais mais dans les faits habités par les seuls Arméniens depuis la fin du conflit des années 1990, Charektar repassera dimanche sous administration azerbaïdjanaise.

La grande migration

Quand et comment vont arriver les forces azerbaïdjanaises ? Nul ne le sait. Les autorités du Nagorny Karabakh ont assuré que la route de Kalvajar, aujourd’hui unique voie reliant l’enclave à l’Arménie, restera sous leur contrôle. Des soldats russes y circulent. « Les Azéris vont arriver (à Kalvajar) par hélicoptère », croit savoir Sargis.

PHOTO ALEXANDER NEMENOV, AGENCE FRANCE-PRESSE

Sur cette même route, c’est la grande migration. La circulation est incessante vers la ville frontière arménienne de Vardenis, via le col de Sodits à 2.700 mètres d’altitude. Tout ce qui est transportable à Kalvajar d’ici ce soir semble être en train d’être rapporté. Des camions chargent les transformateurs gros comme des éléphants des stations hydro-électriques. Une nuée de bucherons s’affairent à couper et débiter les arbres le long de la route pour en faire de grosses buches aussitôt embarquées vers l’Arménie, où le bois s’échange à bon prix. Des bergers convoient d’un pas rapide troupeaux de vaches et moutons, encombrant un peu plus la chaussée.

Avec AFP

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