Les femmes dirigeantes d’Etat meilleures que leurs homologues masculins face à la pandémie ?

Taïwan, Allemagne, Finlande, Nouvelle-Zélande… Chacun de ces pays est érigé en modèle dans la lutte contre la propagation du Covid-19. Et ils ont un point commun : ils sont dirigés par des femmes. Un article du magazine « Forbes » suggère que le faible nombre de morts du Covid-19 dans sept pays est lié au fait qu’ils sont gérés par des cheffes d’Etat. 

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Face aux roulements de mécaniques d’un Donald Trump ou d’un Boris Johnson, face à un président français qui affirmait crânement, une semaine avant de devoir annoncer le confinement, qu’il fallait continuer à aller au théâtre comme lui… Les femmes dirigeantes se sont montrées efficaces face au Coronavirus. Bien sûr, le facteur « femme dirigeante » n’est pas le seul à expliquer la bonne gestion de la crise par les pays qui s’en sortent bien mais il joue indéniablement et il est plus culturel que biologique.

« Qu’ont en commun les pays qui gèrent le mieux la crise du coronavirus ? Des femmes cheffes d’Etat. » Le titre est séduisant, l’affirmation polémique. L’article est écrit par Avivah Wittenberg-Cox, entrepreneuse qui a créé un cabinet de conseil en égalité, et contributrice du magazine Forbes.

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Elle affirme que les pays qui ont, selon elle, le mieux géré la crise sanitaire (Nouvelle-Zélande, Taïwan, Allemagne, Islande, Finlande, Norvège, Danemark) sont dirigés par des femmes, et qu’il faut donc en conclure que les femmes ont de meilleures qualités pour gérer ce type de crise. Mais ce raisonnement est-il suffisamment étayé ? Pour le savoir, nous avons demandé à trois chercheuses spécialistes de questions de genre : une politiste, une sociologue et une économiste.

Calme, sérieux, anticipation

« Angela Merkel, la chancelière d’Allemagne, s’est réveillée très tôt et a dit calmement à ses compatriotes qu’il s’agissait d’un virus grave qui infecterait jusqu’à 70% de la population. « C’est sérieux », a-t-elle dit, « prenez-le au sérieux » » écrit Avivah Witterberg-Cox. Face à la gravité du message le pays a suivi. Les tests ont commencé dès le départ. Et les chiffres de personnes infectées et de morts sont bien inférieurs à ceux de ses voisins européens.

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La dirigeante de Taiwan, Tsai Ing-wen’s, impressionne beaucoup. La chaîne américaine CNN a même affirmé qu’elle avait donné «l’une des meilleures réponses au monde». Dès les premiers signes, elle a mis en place 124 mesures pour stopper la propagation, sans recourir au confinement de l’ensemble de la population.

L’avantage d’être une île

Première observation – et avantage non-négligeable – la plupart des pays ayant le mieux maîtrisé l’épidémie sont des îles. C’est le cas de Taïwan, de la Nouvelle-Zélande et de l’Islande (dirigée par Katrin Jakobsdottir) qui prévoit aussi de tester toute sa population, soit 300.000 habitants. Être une île fournit des « frontières naturelles qui sont plus faciles à contrôler », explique François Lenglet.

Modestie, humilité et pragmatisme

Idem en Islande où la Première ministre Katrin Jakobsdottir, beaucoup plus jeune (44 étés) et moins expérimentée que la Taïwanaise, s’est imposée dans cette tragédie inédite. Son profil politique est pourtant très différent puisqu’elle est très verte, moins frottée aux rapports de force donc, et seule écologiste à occuper semblables fonctions. Elle s’en tire pourtant au mieux, à l’exemple de Jacinda Ardern (39 printemps), la cheffe de gouvernement de Nouvelle-Zélande. Une « jeune » elle aussi, ce qui ne l’a pas empêché d’obtenir l’adhésion de toute la nation néo-zélandaise pour le confinement décidé et l’enthousiasme pour avoir annoncé une réduction de 20% de ses émoluments ainsi que de ceux de son équipe ministérielle pour six mois. Démonstration d’un sens politique affuté qui lui avait fait précédemment gravir à grande vitesse tous les échelons, prendre la tête du parti travailliste, puis celle du gouvernement néo-zélandais.

Pour sûr, on objectera que Taiwan, l’Islande et la Nouvelle-Zélande sont des îles, plus aisées à confiner et à régenter dans l’épreuve. Sans doute. Mais la Finlande, la Norvège et le Danemark n’en sont pas. Ces nations bénéficient certes de fortes traditions d’union nationale et leurs populations réduites donnent un atout non négligeable. Mais l’Allemagne d’Angela Merkel est très peuplé (83 millions d’habitants) et « Mutti » Merkel présente un bilan santé particulièrement positif, au point d’atteindre des records de popularité.

Il s’agit là d’un des facteurs évoquées par deux études menées sur le sujet par la Harvard Business Reviews, l’une datant de 2012 et l’autre de 2019. La plus récente, basée sur les données récoltées auprès de leurs managers, montrait ainsi que les femmes étaient jugées en moyenne plus compétentes que les hommes lorsqu’il s’agissait d’occuper des postes de direction : sur 19 compétences évaluées, elles dépassent leurs scores de leurs collègues masculins pour 17 d’entre elles.

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