L’installation d’une première «boîte à bébés» aux États-Unis pour abandonner son bébé suscite la polémique!

L’Europe était déjà contaminée, c’est maintenant au tour des Etats-Unis de céder à la tentation des « boîtes à bébé »: dorénavant, dans les rues de l’Indiana, vous pouvez tomber sur ces petits caissons insérés dans le mur où abandonner son nouveau-né en toute sécurité. Une nécessité pour permettre aux enfants non désirés de survivre ou un retour dangereux aux tours de l’abandon (et de la honte) du Moyen-Age?

L’État d’Indiana aux États-Unis prévoit d’installer, très prochainement, la première boîte à bébé du pays. Une initiative qui est loin de convaincre tout le monde…
Ce serait une première aux États-Unis ! La présidente de la commission du Sénat de l’Indiana propose  d’installer, très prochainement, la première boîte à bébé du pays, rapporte RTL, le samedi 14 mars. Cette pratique visant à déposer son enfant dans un petit tiroir chauffé et sécurisé, est actuellement autorisée dans 11 pays européens.

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Les « boîtes » pour bébés sont de véritables couveuses équipées d’un chauffage interne et de capteurs qui alertent immédiatement le système d’urgence dès que les nouveau-nés sont placés à l’intérieur, ce qui permet au système de retirer le bébé en moins de 5 minutes.

400 enfants abandonnés dans des « baby box »

image: Facebook

Les « boites à bébés » sont situées à l’entrée des hôpitaux, sur le parvis des mairies, dans des rues très fréquentées voire à proximité des églises. De loin, elles ressemblent à de grosses boites aux lettres voire à des coffres-forts. A l’intérieur, le nourrisson est placé sur un lit auto-chauffant. Une caméra et un signal d’alarme reliés au centre de soins le plus proche permettent de récupérer le bébé assez rapidement.


La vidéo du Washington Post expliquant le fonctionnement d’une « boîte à bébé » .
Source vidéo: Washingtonpost

Le système actuel est simple. Une fois le nourrisson déposé, les parents disposent de 8 semaines pour revenir sur leur décision. Lors du dépôt de leur enfant dans la boîte, les parents récupèrent un papier avec les coordonnées de la personne à joindre. Passé ce délai, l’enfant est considéré comme définitivement abandonné et peut être adopté via le schéma classique en vigueur dans le pays.
On trouve désormais 200 baby box à travers 11 États (dont le Japon, la Suisse, la Pologne ou l’Allemagne, qui bat tous les records avec 80 « boites à bébés »). Au total 400 nouveaux-nés auraient été abandonnés via des « baby box ».

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Ce phénomène commence à inquiéter, à tel point que l’Organisation des Nations Unies (ONU)tire la sonnette d’alarme. L’ONU estime en effet que l’abandon anonyme prive l’enfant de son droit fondamental de connaitre ses parents. L’organisation préconise donc plus de prévention et d’encadrement des femmes en détresse.

Les boîtes à bébé sont une très « mauvaise idée »

Mais cette idée ne fait pas l’unanimité. Pour l’association Save Abandoned Babies c’est une très « mauvaise idée« . Ces boîtes « empêchent la mère de recevoir une aide médicale » après l’accouchement et la prive de tout « contact personnel » qui permet, dans 25% des cas, de choisir l’adoption au lieu de l’abandon. L’association estime qu’elles ont besoin de parler de l’abandon de leur enfant, de se confier, sans quoi les sentiments de honte et de malaise sont largement amplifiés. Save Abandoned Babies ajoute qu’avec les tiroirs à bébés, les mères n’ont pas « la consolation d’avoir mis leur bébé dans les bras de quelqu’un« , ce qui les rend encore plus mal.

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D’où vient la « baby box » ?

Les premières ont été installées, en Hongrie en 1996, puis en 2000, en Allemagne. Pour autant, ce système n’est pas une invention du monde moderne. Au Moyen-Age des « tours d’abandon » étaient mise en place pour les parents en détresse qui voulaient abandonner leur nouveau-né dans le secret le plus total. L’objectif était de lutter contre les infanticides.

Dans la plupart des pays où ce système existe, la « baby box » vient pallier un flou juridique sur l’abandon d’enfants ou un accès difficile à l’avortement (pouvant aller jusqu’à l’interdiction).

Que pensez-vous de cette initiative américaine ? Serait-ce la bonne façon de sensibiliser la population sur l’abandon des bébés non désirés et sur les conséquences des nombreuses grossesses non désirées d’aujourd’hui ?

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