Procès des attentats du 13-Novembre : Salah Abdeslam se plaint d’être « traité comme un chien depuis 6 ans »

Les propos provocateurs du principal accusé du procès du 13-Novembre n’auront finalement pas perturbé le début de l’audience, ce mercredi 8 septembre 2021. « Un procès historique », a convenu le président de la cour d’assises spéciale.

publicités

Six ans après les terribles faits, le procès des attentats terroristes de Paris et de Saint-Denis débute dans une salle spécialement aménagée à cette l’occasion dans le Palais de justice historique de Paris. Faisons le point sur le premier jour de cette audience criminelle, la plus grande jamais organisée en France.

Dès l’ouverture du procès, Salah Abdeslam, tout de noir vêtu, a fait du Salah Abdeslam. Le seul membre des commandos de Paris encore vivant a commencé par revendiquer son appartenance religieuse et à Daech : « D’abord, je tiens à témoigner qu’il n’y a pas de divinité à part Allah. Et que Mohamed est son serviteur et son messager ».

publicités
image: © Noëlle Herrenschmidt, AP

Des râles de mécontentement se font entendre sur les bancs des victimes. Le président de la cour d’assises spéciale, Jean-Louis Périès, venait simplement de lui demander de décliner son identité… Le magistrat ne s’en offusque pas et lui demande alors, ce qui est la procédure, les noms et prénoms de ses parents. « Mon père et ma mère n’ont rien à faire ici », poursuit l’intéressé.

Quant à son activité, avant son arrestation en 2016, il ajoute : « J’ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l’État islamique ». ​À cet instant et toujours sans se départir de son calme, le président Jean-Louis Périès ne peut s’empêcher d’ajouter : « Ah, j’avais noté de l’intérim… ».

publicités

Salah Abdeslam : « six ans que je suis traité pire qu’un chien ! »

Ce mercredi 8 septembre débutait donc le procès des attentats de novembre 2015 devant la cour d’assises spéciale de Paris. À cette occasion, de nombreuses parties civiles accompagnées de leurs avocats avaient pris place sous haute surveillance dans un Palais de justice.

Salah Abdeslam, seul membre des commandos encore en vie, s’est alors d’entrée présenté en hurlant littéralement au sujet des conditions de détention et de celles des accusés.

image: © Noëlle Herrenschmidt, AP

Salah Abdeslam hurle pendant plus de 2 minutes sur le juge

Le terroriste a donc fait son entrée remarquée en interpellant violemment le président et en hurlant contre lui durant près de deux minutes. L’accusé a débuté en demandant au Président de bien l’écouter. Il stipule qu’il est un homme, et que lui et les autres accusés ont des droits.

Salah continue en se plaignant des conditions de détention. Il exprime sa colère en dévoilant que cela fait six ans qu’il est traité comme un chien. Qu’il ne dit rien, car grâce à sa foi, il sait qu’il sera ressuscité après sa mort. Mais qu’il serait nécessaire d’arrêter de les traiter tels des chiens.

Le Président l’a alors rapidement interrompu, lui rappelant qu’il est venu le voir en prison et qu’il a vu ses conditions d’installation.

De plus, il le remet rapidement à sa place en lui stipulant qu’ici nous ne sommes pas dans un tribunal ecclésiastique. Un long procès qui débute donc et qui risque encore de faire couler beaucoup d’encre.

« On voulait voir les accusés »

La salle d’audience principale, longue de 45 mètres, est constellée de robes noires. Une soixantaine de victimes sont également assises au fond de la salle.

Difficile pour elles d’apercevoir les accusés assis dans le box, solidement encadrés par une trentaine de gendarmes. Jean-François Dymarski, dont le fils Mathias est mort au Bataclan, avec sa compagne Marie Lausch, ne peut s’empêcher d’approcher. Au plus près, malgré la réticence des gendarmes. Le temps de quelques secondes, il se tient à portée de regard des accusés. « On voulait les voir, surtout Salah Abdeslam »​, reconnaît-il après être retourné à sa place en toute dignité.

Pour Jean-Louis Périès, le président, ce « qui importe, c’est le respect de la norme. Le respect des droits des parties civiles et de la défense »​. C’est à ce prix, insiste le magistrat, dans un discours introductif inhabituel, qu’il sera possible de « maintenir la justice dans sa dignité ». Un objectif qu’il ne sera pas facile de tenir avec un accusé comme Abdeslam qui, ce mercredi soir, s’est plaint d’être « traité comme un chien depuis six ans » ! Ferme, Jean-Louis Périès est néanmoins parvenu à le faire asseoir.

Avec Agences

Franbuzz sur Facebook

Répondre