Si rien n’est fait … La forêt amazonienne pourrait disparaître en moins de 50 ans

La forêt amazonienne, c’est l’un des écosystèmes les plus vastes et les plus riches au monde. Mais elle flirte en ce moment avec un point de non-retour qui, une fois franchi, pourrait mener à sa disparition en seulement 50 ans, préviennent les chercheurs.

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Le changement climatique causé par les hommes est responsable de nombreux dégâts sur la planète. Si rien n’est fait rapidement, la situation pourrait s’aggraver et faire disparaître la forêt amazonienne d’ici 50 ans. En 2021, l’équilibre amazonien pourrait en effet basculer dans un point de non-retour. À court terme, les 300 milliards d’arbres de l’Amazonie pourraient laisser place à une grande savane aride.

La déforestation dans le bassin amazonien. Crédit photo : Département de la communication de l’État du Mato Grosso, au Brésil.

Une étude publiée mardi dans la revue Nature Communications, par des chercheurs de l’université de Bangor (Royaume-Uni), oppose un dur retour à la réalité. Selon ces travaux, rapportés par CNN, les grands écosystèmes de la planète, et donc la forêt amazonienne, sont plus menacés que ce qu’établissaient jusqu’alors les prédictions. Il ne faudrait par exemple pas plus de 50 ans à la forêt amazonienne pour se transformer en un écosystème de type savane si 35 % de sa surface était « nettoyée ».

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Réchauffement, déforestation, acidification…

Grande de 5,5 millions de km², la gigantesque forêt tropicale n’en est donc pas moins à l’abri : en proportion, conclut la recherche publiée mardi, les grands écosystèmes pourraient disparaître plus rapidement que leurs équivalents plus petits, justement en raison de leur taille. L’étude s’est penchée sur les effondrements passés qu’ont connus 42 écosystèmes – 4 terrestres, 25 marins et 13 d’eau douce – répartis sur cinq continents et dont les dimensions sont très variables.

Crédit photo : Shutterstock / Richard Whitcombe

Le point de basculement est moins clair, mais des scientifiques estiment que la perte de 35 % de surface déclencherait sa disparition. Environ 20 % de cette forêt vierge, qui recouvre plus de cinq millions de kilomètres carrés répartis sur sept pays, a été rasée depuis 1970, en grande partie pour cultiver du soja, du bois, de l’huile de palme, des biocarburants ou l’élevage bovin.

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42 écosystèmes étudiés

À titre d’exemple, les récifs coralliens au large de la Jamaïque ont périclité en 15 ans seulement. Il n’en reste plus aujourd’hui qu’un écosystème dominé par les algues. « Nous devons nous préparer à des changements dans les écosystèmes de notre planète qui sont plus rapides que ce que nous avions envisagé », résume John Dearing, professeur de géographie physique à l’université de Southampton, et directeur de l’étude.

Crédit photo : Shutterstock / Wollertz

« Si l’on n’agit pas rapidement, nous pourrions être sur le point de perdre une des forêts tropicales les plus vastes et les plus diversifiées, qui évolue depuis 58 millions d’années et dont dépendent des dizaines de millions de personnes », indique Alexandre Antonelli, des Jardins botaniques royaux de Kew à Londres. La disparition de l’Amazonie pourrait avoir des conséquences dramatiques pour l’homme sur la réduction d’oxygène, d’eau et d’absorption du CO2, ainsi que les espèces dépendantes de cet habitat.

Dans un futur plus proche, la barrière de corail dans les Caraïbes pourrait également disparaître d’ici 15 ans. Sachant que le réchauffement climatique atteint déjà 1 degré, il suffirait qu’il monte jusqu’à 1,5 degré pour que 90% des coraux en eaux profondes soient condamnés. Longue de 1000 km, cette barrière de corail est menacée à cause du réchauffement climatique, la pollution et l’acidification des océans.

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