Trois ans après le meurtre d’Alexia, le procès hors normes de Jonathann Daval commence ce lundi

Jonathann Daval, 36 ans, comparaît devant la cour d’assises de Vesoul pour le meurtre de son épouse, Alexia, fin 2017. Il sera confronté aux parents de la victime, qui le considérait « comme un fils ».

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Ce lundi 16 novembre, Jonathann Daval s’apprête à comparaître devant la Cour d’assises de la Haute-Saône pour répondre du meurtre de sa femme Alexia, trois ans après les faits. « Jonathann nous a dit qu’il était prêt à parler de choses qu’on ne sait pas », a assuré samedi au quotidien régional L’Est Républicain sa mère, Martine Henry.

Trois ans après le meurtre d’Alexia, Jonathann Daval sera devant la cours d’assises de Haute-Saône ce lundi 16 novembre. Le corps de cette femme de 29 ans a été retrouvé en partie calciné le 30 octobre 2017. Après des mois de médiatisation, coup de tonnerre, son mari Jonathann fini par avouer le meurtre au cours d’une garde à vue. La mère d’Alexia, Isabelle Fouillot, s’est confiée à quelques heures du début du procès.

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Procès hors norme

Une quarantaine de médias sont accrédités pour suivre ce procès hors norme dans ce tribunal exigu. La présence du public, en revanche, risque d’être compromise par des mesures anti-Covid draconiennes.

L’affaire, survenue à l’automne 2017, avait profondément marqué les esprits alors que l’ampleur des violences faites aux femmes éclatait au grand jour avec la vague #MeToo. Le 30 octobre, le corps en partie calciné d’Alexia Daval, une employée de banque de 29 ans, était retrouvé dissimulé sous des branchages, dans un bois situé à quelques kilomètres du domicile des Daval à Gray-la-Ville (Haute-Saône).

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C’est le mari, Jonathann, qui avait signalé deux jours plus tôt la disparition de son épouse lors d’un jogging. Les jours suivants, le visage baigné de larmes du trentenaire s’affichait dans les médias. Mais en janvier 2018, le veuf éploré devient suspect : placé en garde à vue, il craque et avoue le meurtre de sa femme, survenu selon lui lors d’une violente dispute.

S’en suivront deux années d’instruction durant lesquelles Jonathann livrera plusieurs versions, se rétractant, puis accusant son beau-frère, avant de reconnaître de nouveau le meurtre lors d’une audition bouleversante devant le juge d’instruction.

En juin 2019, il avouera enfin lors de la reconstitution avoir incendié la dépouille d’Alexia.

Malgré ces aveux, plusieurs questions restent en suspens : comment cet homme calme et effacé sans passé judiciaire a-t-il basculé dans le crime et pu rouer de coups puis étrangler son épouse ? Comment a-t-il trouvé les ressources nécessaires pour tenter de maquiller le crime ?

Un plan machiavélique

Il lui a chaussé ses baskets de sports, a chargé le corps dans le coffre de la voiture avant d’aller le déposer dans la forêt de Velet-Esmoulin. Il a ensuite mis le feu à la dépouille avant d’envoyer des messages avec le téléphone portable d’Alexia. Il a enfin signalé sa disparition.

Il n’a été confondu par les gendarmes que trois mois plus tard. Entre-temps, il s’est fait passer pour un veuf éploré aux obsèques, lors des conférences de presse ou des marches blanches organisées pour Alexia.

Pourtant, les soupçons des gendarmes se portent très vite sur lui. Les enquêteurs ont relevé plusieurs éléments troublants. Personne, pour commencer, n’a vu la jeune employée de banque courir le matin de sa disparition. Aucun ADN n’a été retrouvé sur corps, excepté celui de Jonathann. En revanche, un chasseur a aperçu un véhicule utilitaire blanc similaire à celui du jeune homme sur un chemin proche du lieu de la découverte du corps. Un véhicule qu’il a utilisé dans la nuit de vendredi à samedi, comme le prouvent les données du tracker installé à l’intérieur par son employeur.

« Comprendre ce qui s’est vraiment passé »

Les jurés devront chercher les réponses dans la personnalité de l’accusé et l’intimité d’un couple apparemment sans histoire mais qui était parcouru de tensions dans le fait qu’il rencontrait des difficultés pour concevoir un enfant.

Le soir du meurtre, Jonathann affirme avoir refusé un rapport sexuel à sa femme qui, en retour, se serait montrée violente, lui reprochant de « ne pas être un homme ».

Alexia, « violente en paroles et en actes »« l’humiliait », soutient l’accusé qui dit l’avoir « étranglée » et « frappée pour qu’elle se taise ».

L’image d’une Alexia dominatrice révulse les parents de la victime, Isabelle et Jean-Marc Fouillot, qui redoutent que « la défense et Jonathann tapent sur elle » au procès.

L’enjeu, c’est « d’arriver à comprendre ce qui s’est vraiment passé, dans un climat délétère où on ne peut plus rien dire », estime de son côté l’un des avocats de Jonathann, Me Randall Schwerdorffer.

« Prêt à parler »

Le conseil, qui a promis « un moment de vérité », a vainement demandé le report du procès. Il se réserve la possibilité d’une nouvelle demande de renvoi lundi matin si son client n’était pas autorisé à parler sans masque.

Jonathann « nous a dit qu’il était prêt à parler de choses qu’on ne sait pas », a assuré samedi au quotidien régional L’Est Républicain sa mère, Martine Henry qui a prévu d’être présente aux côtés d’autres proches de l’accusé.

Les déclarations de ce dernier seront naturellement guettées avec attention par la vingtaine de parties civiles, notamment les parents d’Alexia qui martèlent dans les médias leur conviction d’un meurtre « orchestré » par un Jonathann qui n’a pas tout dit.

Pointant la présence inexpliquée de médicaments dans le sang d’Alexia, ils suspectent un empoisonnement et entendent reposer la question de la « préméditation » et de la « complicité », pourtant écartée par l’instruction, a prévenu l’un de leurs avocats, Me Gilles-Jean Portejoie.

Sources: ouest-france20minutes

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