Une école d’ingénieurs inventent une poignée de coude pour les portes de la clinique voisine

Une poignée permettant d’ouvrir les portes sans les toucher avec les mains, c’est ce que viennent de mettre au point les étudiants de l’ICAM, une école d’ingénieurs toulousaine. L’équipe médicale est conquise et en redemande.

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Pour limiter la propagation du virus Covid-19 en milieu médical, la Clinique Pasteur a sollicité les équipes de l’Institut catholique d’arts et métiers (Icam), école d’ingénieurs toulousaine, pour concevoir des visières mais aussi trouver un moyen d’ouvrir les portes sans toucher la poignée. Plus de 200 visières ont été fabriquées en collaboration avec des étudiants.

L’établissement teste une « poignée de coude » : une pièce en plastique, parfaitement adaptée et soigneusement incurvée. Comme son nom l’indique, elle permet d’ouvrir et de refermer la porte avec le coude, sans y mettre les doigts.

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Le personnel est « tout à fait conquis par le système », indique la clinique. D’autant qu’il ne vient pas du bout du monde. Mais de tout à côté, de l’Icam, l’école d’ingénieurs voisine. « Au départ, la clinique nous a contactés pour concevoir des visières pour les soignants », raconte Eric Loupiac, chef de projet au département services aux entreprises de l’école.

Avec des étudiants volontaires, munis d’une attestation spéciale, la fraiseuse à commandes numériques a été mise en surchauffe. « Une bande de mousse pour le front et deux languettes de velcros pour les attaches », vendredi dernier l’Icam a livré 200 visières à la clinique Pasteur.

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Et c’est lors de ces échanges qu’a germé l’idée de la fameuse poignée de coude, dont des plans circulaient déjà sur Internet. « J’ai fabriqué un premier prototype », poursuit Eric Loupiac. Echec. Mal adapté au format des portes de la clinique, ce brouillon de poignée de coude permettait surtout de se coincer les doigts…

Mais Eric Loupiac n’a pas un tempérament à rester sur un revers. « J’ai réfléchi toute une nuit, confie-t-il, et le lendemain j’ai proposé un deuxième prototype ». Accueilli « à bras ouverts » celui-là. Au point que la clinique a commandé une trentaine de poignées de coude pour équiper son service réanimation. De quoi occuper la dizaine d’imprimantes 3D de du Fablab de l’Icam pendant quelques jours.

Fabrication de visières par les élèves de l’ICAM à Toulouse / © ICAM

Tout le monde peut s’y mettre

La clinique, qui se doute qu’une ère nouvelle s’ouvrira dans l’après-Covid-19, a aussi l’intention à plus long terme d’équiper l’ensemble de ses portes, y compris celles des chambres, ce qui, au bas mot, au rythme de deux poignées par porte, représente quasiment un millier de dispositifs. Mais cette quantité industrielle n’est pas les cordes de l’Icam, l’école d’ingénieurs va passer la main.

De quoi occuper l’ICAM encore pendant un bon moment. Car il va devoir adapter les plans existant pour ces nouvelles poignées. La clinique a également demandé à Eric Loupiac de chiffrer la réalisation d’une plus grosse commande pour les mois à venir : pas moins de 1000 pièces.

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