Une enquête ouverte sur la pancarte d’une manifestante anti pass sanitaire

Le parquet avait ouvert une enquête, dimanche 8 août, à propos de cette pancarte, vue la veille à Metz. Lundi, une jeune femme a été interpellée. Cette pancarte a été brandie dans le cortège à Metz qui a réuni samedi 3.800 personnes selon la police.

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L’image d’une manifestante brandissant une pancarte antisémite dans le cortège anti-pass sanitaire de Metz ce samedi a fait le tour des réseaux sociaux, et suscite l’indignation d’associations comme des politiques. Gérald Darmanin a indiqué avoir saisi le préfet de Moselle pour « faire un signalement au parquet ». Plus tard dans la soirée, le parquet a annoncé avoir ouvert une enquête.

Parmi les 237.000 manifestants en France ce samedi contre le pass sanitaire, 3800 ont défilé à Metz, d’après les chiffres des autorités. Mais un cliché, pris dans le cortège messin, jette de l’ombre sur des rassemblements qui se sont globalement très bien déroulés partout en France. Cette photographie, qui a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscite la polémique ce dimanche pour son caractère antisémite.

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Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a indiqué sur Twitter ce dimanche après-midi avoir démandé au préfet de la Moselle « de faire un signalement au parquet ». Peu de temps après, le parquet de Metz a annoncé avoir ouvert une enquête. D’après le préfet de Moselle Laurent Touvet à l’AFP, il s’agit d’une enquête de flagrance confiée au commissariat de Metz. Ce dernier « condamne avec la plus grande fermeté ce message ». Le préfet a en outre décidé d’adresser un signalement au procureur de la République.

Sur cette dernière, une femme, dont l’identité n’est pas encore confirmée, brandit une pancarte sur laquelle sont inscrits des noms de personnalités de la sphère politique et médiatique, considérés comme des « traîtres ». Parmi eux, Olivier Véran, ministre de la Santé, le président Emmanuel Macron, le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, le financier George Soros, la famille Rotschild ou encore le milliardaire et propriétaire de plusieurs médias français, dont BFMTV, Patrick Drahi.

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Aux origines, l’interview d’un ancien général

En lettres rouges, l’interrogation « mais qui? » occupe le centre de la pancarte. Comme le relevait Libération, ce slogan, apparu à plusieurs reprises sur des pancartes lors des manifestations anti-pass sanitaire, est devenu un cri de ralliement de l’extrême droite.

D’après nos confrères, il tire ses origines d’une interview du général à la retraite Dominique Delawarde, l’un des signataires de la tribune « des généraux », le 18 juin dernier chez nos confrères de Cnews. Interrogé par Claude Posternak, spécialiste de l’opinion et membre du bureau exécutif LaREM, qui lui demandait « qui » contrôlait « la meute médiatique », le militaire répondait: « C’est la communauté que vous connaissez bien. » Sous-entendu, la communauté juive.

De nombreuses réactions

« Consternant et révoltant », a dénoncé sur Twitter Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants. « L’antisémitisme a tué hier et tue encore aujourd’hui. L’antisémitisme n’est pas une opinion. C’est un délit, qui doit être condamné systématiquement », a renchéri la ministre déléguée à l’Egalité, Elisabeth Moreno.

Le délégué général d’En Marche ! Stanislas Guérini, toujours sur Twitter, a également fustigé « l’antisémitisme à visage découvert. Ignoble. Glaçant », et l’a estimé « passible de poursuites ». L’ambassade d’Israël en France s’est dite « épouvantée d’une telle expression de la haine antisémite la plus abjecte ».

Des réactions saluées par la Licra, qui demande également aux organisateurs des manifestations contre le pass sanitaire de « se désolidariser de ce genre de propos ». Une photo diffusée sur les réseaux sociaux montre une jeune femme brandissant une pancarte sur laquelle sont inscrits les noms de plusieurs responsables politiques, hommes d’affaires et intellectuels, dont certains sont juifs, autour du slogan « Mais qui ? ».

Un slogan issu d’une interview

Ce slogan est apparu à la suite d’une interview en juin sur la chaîne CNEWS d’un général à la retraite, Daniel Delawarde, signataire d’une tribune évoquant « le délitement » de la France, publiée par Valeurs Actuelles. A la question « qui contrôle la meute médiatique ? » et après plusieurs relances, il avait répondu « la communauté que vous connaissez bien », avant d’être coupé par le présentateur, Jean-Marc Morandini.

Pour la Licra, ce slogan est « une autre manière de dire qu’on n’aime pas les juifs ». Le parquet de Paris avait ouvert peu après l’interview du général Delawarde une enquête pour « diffamation publique »​ et « provocation à la haine et à la violence à raison de l’origine ou de l’appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion ». La manifestation messine avait réuni samedi 3.800 personnes selon la police.

Avec AFP

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