Une enseignante suspendue pour avoir décidé de tomber le masque en salle de classe dans l’Oise

Une enseignante d’un collège de l’Oise, dans les Hauts-de-France, vient d’être suspendue pour avoir refusé de porter le masque, qu’elle considère comme « nocif pour l’apprentissage du langage ».

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Elle tombe le masque mais ne baisse pas les bras. Convaincue que « le port du masque est nocif pour les apprentissages et qu’il convient, malgré la nouvelle vague épidémique de Covid-19 annoncée, de prendre de nouvelles mesures » l’enseignante  Anne-Claire Rossignol a décidé le 8 novembre de ne plus porter le masque pour faire cours.

Ce geste lui a valu d’être immédiatement suspendue de ses fonctions par l’Education nationale. Depuis, cette professeur de français dans un collège à Gouvieux dans l’Oise s’active pour retrouver le droit de faire cours sans masque.

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Silence radio de la part du rectorat

L’enseignante de 45 ans témoigne sur sa chaîne Youtube qu’elle avait bien mis ses élèves à distance et qu’elle a aménagé un espace sécurisé « en reculant les tables, mis son bureau d’une certaine position et ouvert les portes et les fenêtres ». Cela n’a pas convaincu sa hiérarchie. En plus d’être suspendue temporairement dès le premier jour de son initiative, elle risque le conseil de discipline et d’être éventuellement radiée de la fonction publique.

L’enseignante dénonce un manque d’accompagnement face à ces mesures : « Lorsque j’ai prévenu ma hiérarchie que je comptais enseigner sans masque pour enseigner pleinement, je n’ai eu aucune réponse. » Le rectorat l’a convoquée pour s’expliquer, ce lundi 15 novembre. Le ministère de l’Éducation nationale reste sur sa position sur le port du masque. Il est indispensable pour empêcher une cinquième vague. Il l’a rendu de nouveau obligatoire pour tous les élèves de primaire dès lundi 15 novembre.

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Un masque complique l’apprentissage chez les enfants

Le risque que dénonce l’enseignante de français est scientifiquement reconnu. Le masque peut compliquer l’apprentissage chez les enfants selon France Assos Santé. En novembre 2020, des psychologues dénonçaient dans une tribune dans Libération de conséquences néfastes du port du masque pour les enfants dès 6 ans.

Au micro de France Culture, Grégoire Borst, directeur d’un laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant, ajoute qu’il peut y avoir « des difficultés pour entendre certains sons de la langue, comme les fricatives, plus dures à entendre du fait du masque ».

« Le mal-être qui existe déjà, va s’accentuer »

Et l’enseignante sait de quoi elle parle. La commune où elle enseigne se situe à côté de Creil, là où l’épidémie a été détectée et dévoilée pour la première fois en France, en févier 2020. « Nous étions les premiers à subir le confinement », se souvient-elle.

Selon Anne-Claire Rossignol, des solutions alternatives existent. « On peut mettre à distance les élèves, aérer régulièrement les classes, propose-t-elle. De toute façon, si on persiste avec les masques, pour les enseignants, comme pour les enfants, le mal-être qui existe déjà, va s’accentuer. »

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