Une septuagénaire verbalisée devant un Ehpad alors qu’elle venait saluer son mari par la fenêtre

Dans le Tarn, une femme de 79 ans a été verbalisée par les gendarmes pour non-respect de « cordon sanitaire » devant un Ehpad. La septuagénaire était venue saluer son mari de 93 ans devant la fenêtre de sa chambre.

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Depuis 3 ans, Hedwig se rend chaque jour à l’Ehpad de Graulhet, dans le Tarn, à 500 mètres de son domicile, où réside son époux, âgé de 93 ans. La septuagénaire lui prépare ses dîners et fait même du bénévolat dans l’établissement. Mais les mesures de confinement, entrées en vigueur à la fin mars, liées à l’épidémie de coronavirus, ont bousculé son quotidien et sa vie familiale, comme celles de beaucoup de Français.

Selon sa fille, Mme Boghossian, deux gendarmes sont intervenus jeudi dernier alors qu’Hedwig, 79 ans, stationnait devant la fenêtre fermée de la chambre de son époux, 93 ans, résident confiné dans l’Ehpad de Graulhet. Munie d’une ardoise elle avait écrit quelques mots pour son mari. « Elle le faisait tous les jours, quelques minutes, depuis le début du confinement des Ehpad, pour aider mon père à ne pas se laisser glisser dans son monde, à ne pas se sentir abandonné », a expliqué Mme Boghossian.

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Un « cordon sanitaire » à respecter autour des Ehpad

Dans un courriel consulté par l’AFP, la préfecture du Tarn a dans un premier temps confirmé le bien-fondé de cette verbalisation à Mariani Boghossian. « Même si la visite en extérieur de votre mère peut être considérée comme une assistance à personne vulnérable, un cordon sanitaire autour des Ehpad doit être absolument respecté. De ce fait, votre mère était bien en infraction », explique la préfecture. Toutefois, la préfecture a indiqué à l’AFP, mardi, que la gendarmerie allait « rentrer en contact avec la famille pour éteindre la procédure » dans cette affaire « où il y a peut-être eu un peu d’excès ».

« Ma mère n’ose plus y aller »

Une poignée de proches d’autres résidents faisaient de même, profitant de ce que l’Ehpad soit entouré d’une pelouse non délimitée donnant accès aux fenêtres, a-t-elle ajouté. « Maintenant ma mère n’ose plus y aller, notre inquiétude est que mon père ne tienne pas le coup », alors que son état rend difficile les communications par internet, a souligné Mme Boghossian.

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« C’est vrai que dans certains cas il y a le risque que des résidents ouvrent les fenêtres à la vue de leurs proches, mais l’Ehpad ne pourrait-il pas y veiller », s’est-elle interrogée. Selon elle, le personnel de l’Ehpad, où sa mère travaillait comme bénévole avant le confinement, ne s’était dans un premier temps pas opposé à ces « rencontres » confinées.

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