Vingt-huit jours de congé paternité, dont une semaine obligatoire, à partir de jeudi

C’est l’une des nouveautés de ce 1er juillet : la durée du congé de paternité sera de 28 jours et non plus de 14 jours. Comment réagissent les jeunes pères ou les futurs pères ?

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Les pères pourront désormais passer près d’un mois auprès de leur bébé. Le congé paternité – ou du second parent – de 28 jours, dont une semaine obligatoire, entre en vigueur à partir du jeudi 1er juillet. Une réforme sociétale attendue de longue date qui vise à permettre aux pères de s’investir davantage dans la parentalité et la vie du foyer.

Pour ce couple, interrogé dans notre sujet, l’accouchement est imminent, le futur papa fera partie des premiers pères à bénéficier d’un congé paternité de 28 jours pour la naissance de sa fille, et il s’en réjouit : « Cela va me permettre de passer beaucoup plus de temps », dit-il, vantant le fait que ce congé aidera sa femme et sa fillette. Un levier « en matière d’égalité entre les femmes et les hommes », loue-t-on à l’Elysée.

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Les vingt-huit jours accordés aux pères d’enfants nés à partir de ce 1er juillet pourraient aider à rééquilibrer le partage des tâches domestiques et parentales. La future mère ne masque pas son soulagement, dans une période qui peut être bouleversante et difficile à gérer seule : « C’est notre premier, je ne vais pas savoir tout faire, ce n’est pas inné », assure-t-elle à TF1, louant le « soutien psychologique » et le fait que son conjoint puisse « prendre le relais en cas de besoin ». « S’impliquer en tant que papa, c’est aussi très important », ajoute-t-elle.

7 pères sur 10 prennent leur congé paternité

Annoncée en septembre par Emmanuel Macron et votée dans le budget de la Sécu, cette réforme du congé double la durée pour un père – ou le second parent – d’un enfant à naître ou adopté, à 25 jours plus 3 jours de naissance contre 11 plus 3 actuellement. Un calcul pas forcément évident pour tous : « Je n’ai pas compris tout de suite le nombre de jours », avoue le futur père. Dans le cas d’une naissance multiple, sept jours de congés sont ajoutés, soit 32 contre 18 actuellement. Niveau rémunération : les trois jours du congé de naissance restent à la charge de l’employeur, et les jours restants seront indemnisés par la Sécurité sociale.

Malheureusement, je ne suis pas dans une société, je ne suis pas salarié et personne ne peut me remplacer– Un jeune papa entrepreneur à TF1
Optionnel, le congé paternité est actuellement pris par environ sept pères sur dix, un chiffre qui a peu évolué depuis son instauration en 2002 et dissimule de fortes inégalités sociales : 80% des salariés en CDI y ont recours, contre moins de 60% en CDD. Pour le père auto-entrepreneur, également interrogé dans le sujet, difficile de s’arrêter plusieurs jours : « Il y a des mails à gérer, des factures à traiter, des contrats à honorer. Malheureusement, je ne suis pas dans une société, je ne suis pas salarié et personne ne peut me remplacer », déplore-t-il.« Ce n’est pas qu’une question d’envie des pères, il y a encore de nombreux freins psychologiques notamment vis-à-vis de l’entreprise », estime la psychothérapeute Isabelle Filliozat, vice-présidente de la « Commission des 1.000 premiers jours » qui avait recommandé au gouvernement de porter ce congé à neuf semaines. Selon elle, cette réforme devrait « inciter davantage de pères à le prendre » car « la semaine obligatoire pourra les aider dans leurs négociations avec leur patron ». Des évolutions pourraient intervenir à la rentrée, à l’issue d’une mission sur la conciliation des temps professionnel et familial menée depuis mars par Christel Heydemann, de Schneider Electric France, et le sociologue Julien Damon.

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Répartition des tâches

« Une réelle évolution », estime David Malczuk, 27 ans, qui accueillera son deuxième enfant fin juillet et a déjà tout organisé pour s’absenter un mois de son travail. A la naissance de son premier enfant, ce dessinateur industriel avait gardé ses onze jours de congé pour partir avec sa femme et leur fils de quelques semaines en Russie, d’où son épouse est originaire. « Elle avait accouché un mercredi. J’étais resté avec elle à la maternité jusqu’au dimanche et le lundi, c’était retour au boulot. J’étais crevé, j’avais des poches sous les yeux », se souvient-il. « Cette fois, je vais pouvoir créer un rythme avec le bébé et récupérer un peu d’énergie ».

Optionnel, le congé paternité est actuellement pris par environ sept pères sur dix, un chiffre qui a peu évolué depuis son instauration en 2002 et dissimule de fortes inégalités sociales : 80 % des salariés en CDI y ont recours, contre moins de 60 % en CDD. « Ce n’est pas qu’une question d’envie des pères, il y a encore de nombreux freins psychologiques notamment vis-à-vis de l’entreprise », estime la psychothérapeute Isabelle Filliozat, vice-présidente de la « Commission des 1.000 premiers jours » qui avait recommandé au gouvernement de porter ce congé à neuf semaines. Selon elle, cette réforme devrait « inciter davantage de pères à le prendre » car « la semaine obligatoire pourra les aider dans leurs négociations avec leur patron ».

« Dérisoire »

En matière de parentalité, beaucoup se joue dès les premiers jours. « Ce n’est pas une question de rôle ou de sexe », insiste Isabelle Filliozat. « Si on est au quotidien auprès d’un enfant, on devient plus sensible, attentif et on développe ses compétences parentales ». Or, « les pères n’ont pas suffisamment d’occasions d’avoir du temps avec leurs tout-petits, ils tissent moins d’attachement, se sentent un peu moins concernés et peuvent avoir tendance à laisser les tâches parentales à la mère, ce qui génère de nombreux conflits », analyse-t-elle.

Ces vingt-huit jours restent toutefois « dérisoires » pour Marie-Nadine Prager, du Collectif PAF (pour une Parentalité féministe). « C’est probablement mieux pour tisser un lien avec le bébé mais pas pour revoir la place de chacun au sein du foyer », estime la militante, plaidant désormais pour un congé parental sur le modèle scandinave, bien rémunéré et réparti entre les parents. Des évolutions pourraient intervenir à la rentrée, à l’issue d’une mission sur la conciliation des temps professionnel et familial menée depuis mars par Christel Heydemann, de Schneider Electric France, et le sociologue Julien Damon.

Avec Agences

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