À Nice, une surveillante de prison diffuse la bande-son d’un film po* rno pendant la prière

Tout début janvier, les extraits sonores d’un film por* nographique ont été diffusés dans les haut-parleurs du centre de rétention administrative de Nice. D’après les révélations de Médiapart, une quinzaine d’étrangers en détention a porté plainte après la diffusion d’une bande-son p***** à l’heure pile de la prière pour les musulmans.

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Les faits se seraient déroulés début janvier. A plusieurs reprises, sur deux jours consécutifs, la bande-son d’un film por* nographique a été diffusée dans les haut-parleurs du centre de rétention administrative (CRA) de Nice par une fonctionnaire de police. Une initiative qui aurait provoqué l’hilarité de ses collègues et surtout le malaise des étrangers enfermés là, dont certains étaient en pleine prière. Quinze d’entre eux ont déposé plainte, a indiqué à 20 Minutes leur avocate Hanan Hmad, confirmant une information de Mediapart.

Les bruits sont récurrents pendant la prière des musulmans

Le bruit se répète et semble en réalité avoir été enregistré dans les hauts-parleurs, utilisés par les policiers pour diffuser des messages. La veille, le samedi 1er janvier, ce même épisode aurait déjà eu lieu. La diffusion de cette bande-son por* nographique a lieu pile à l’heure de la prière des musulmans. Ainsi plusieurs pratiquants sont déjà agenouillés quand l’extrait audio parvient à leurs oreilles.

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Les échos du film résonnent à trois reprises avant de s’arrêter. Les musulmans présents le prennent comme une attaque. « Pour eux, c’était sûr que les policiers faisaient ça pour leur manquer de respect par rapport à leur religion »rapporte Me Hmad, avocate en droit des étrangers, chargée de poursuivre l’affaire par le barreau de Nice.

« Au sens des textes, les faits peuvent être qualifiés de harcèlement se* xuel, appuie-t-elle. En diffusant cela dans un endroit clos, dans les chambres du CRA de la caserne Auvare, on a cherché à imposer quelque chose. C’est une manœuvre hostile et offensante ».

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« Elle l’a fait exprès pour nous foutre la haine. Elle nous a pris pour des animaux », a témoigné au micro de BFM Côte d’Azur une personne sans papier présent ces jours-là. L’avocate précise ne pas pouvoir « être catégorique sur le fait que ça a été fait sciemment au moment de la prière car il n’y a pas de caméras dans les chambres. »

Des policiers à l’origine de la diffusion ?

Quinze retenus ont décidé de porter plainte. Ils relatent les faits, datant du 5 janvier 2022, et envoyée au Procureur de la République de Nice. Ils reprochent aux policiers de les avoir «traités comme des animaux».

De son côté, la DGPN, la direction générale de la police nationale, assure que « la hiérarchie a été particulièrement réactive pour sanctionner ce dysfonctionnement (…) Le direction départementale de la police aux frontières (DDPAF) a effectué un rappel solennel aux équipes du CRA par note de service dans les jours qui ont suivi les faits ».

La policière « leur a ensuite proposé des relations se* xuelles tarifées »

Contacté par 20 Minutes, le procureur de la République de Nice confirme avoir reçu la plainte « [mercredi] soir ». Il lui appartient désormais d’apprécier l’opportunité d’engager, ou non, une procédure pénale. Mais pour Me Hanan Hmad, « les faits sont d’autant plus caractérisés que la fonctionnaire en cause a ensuite proposé des relations sexuelles tarifées aux personnes retenues ».

Alertée, la Direction générale de la police nationale (DGPN) a pris l’affaire au sérieux et « une enquête interne a été diligentée », a confirmé à 20 Minutes le Service d’information et de communication de la police nationale, sans plus de précision. « La fonctionnaire impliquée a d’ores et déjà été sanctionnée et mutée », selon Me Hanan Hmad.

Ces évènements ne sont que les derniers « d’une longue liste de dysfonctionnements »dans le centre de rétention niçois, d’après Médiapart.

Avec Agences

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