Affaire Estelle Mouzin : de nouvelles fouilles ce lundi dans un ancien château de Michel Fourniret

Un peu plus d’un mois après un déplacement avec le tueur en série Michel Fourniret dans les Ardennes, les enquêteurs se rendent de nouveau sur place lundi, sans lui cette fois, pour tenter de retrouver le corps d’Estelle Mouzin, disparue en 2003.

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De nouvelles fouilles débutent ce lundi dans le parc du château du Sautou, ancienne propriété ardennaise de Michel Fourniret, pour retrouver le corps de la fillette disparue en 2003. Le tueur en série de 78 ans, qui a fait un malaise en prison, est toujours hospitalisé.

En juin, les enquêteurs qui tentent de faire la lumière sur la disparition de la fillette de 9 ans avaient déjà exploré cette vaste propriété isolée de 15 hectares, sans résultat.

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Des fouilles déjà en octobre

En octobre, la juge chargée de l’instruction, Sabine Khéris, avait fait conduire Michel Fourniret et son ex-femme Monique Olivier durant cinq jours dans différents lieux des Ardennes. Espérant réveiller des souvenirs chez ce tueur en série qui a fini par reconnaître avoir enlevé et tué Estelle Mouzin, le 9 janvier 2003, alors qu’elle rentrait de l’école, à Guermantes (Seine-et-Marne).

« Évidemment qu’on attend beaucoup de ces fouilles. Mais en même temps, je dois être prudent. Je dois me protéger. Il n’est pas certain qu’on arrive à retrouver Estelle », commente Éric Mouzin, son père, tiraillé entre espoir et retenue, après l’annonce des nouvelles fouilles qui vont être menées à partir de lundi 7 décembre à Donchéry. C’est dans cette commune des Ardennes, proche de la frontière belge, que se situe le château de Sautou qui fut la propriété de Michel Fourniret, de 1989 à 1991.

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La magistrate avait pour espoir de « déclencher des souvenirs » chez le septuagénaire à la mémoire chancelante, qui avait fini par avouer en mars sa responsabilité dans cette affaire. Deux mois plus tôt, son ex-épouse, Monique Olivier, mise en examen de son côté pour « complicité », l’avait accusé d’avoir violé et tué l’enfant.

Pendant cinq jours, le convoi le transportant avec son ex-femme s’était ainsi rendu tour à tour dans une maison de Ville-sur-Lumes, où cette dernière affirme qu’Estelle Mouzin a été séquestrée, violée et tuée, dans un cimetière de Charleville-Mézières, sur un terrain à Floing ou encore au château du Sautou.

« Pouvoir inhumer Estelle »

Ce déplacement n’a toutefois pas permis de retrouver le corps. Mais Corinne Hermann, une avocate de la famille d’Estelle Mouzin, avait alors salué de « sérieuses avancées », soulignant que la famille attendait « de pouvoir inhumer le corps d’Estelle ».

Selon Richard Delgenes, avocat de Monique Olivier, Michel Fourniret aurait indiqué certains lieux dans le parc du château à explorer. L’ex-épouse du tueur a de son côté été de nouveau interrogée vendredi par la juge qui cherche à savoir si elle en sait plus dans cette affaire.

Alors que près de 18 ans se sont déjà écoulés depuis la disparition de la fillette, le temps presse, d’autant que l’état de santé de Michel Fourniret se dégrade. Ce dernier, dont l’état neurologique est inconstant, est hospitalisé depuis qu’il a fait le 20 novembre un malaise dans sa cellule de la prison de Fresnes (Val-de-Marne).

Les fouilles devraient durer plusieurs jours dans ce château où avaient été retrouvés, en 2004, les corps d’Élisabeth Brichet, 12 ans, et de Jeanne-Marie Desramault, une étudiante de 22 ans, deux des victimes de Michel Fourniret. « D’importants moyens humains et techniques vont être déployés pour essayer de retrouver le corps d’Estelle. Et peut-être ceux d’autres victimes », n’écarte pas Éric Mouzin, qui s’attend désormais à tout.

Cette fois, Michel Fourniret ne sera pas sur place. Ce dernier, dont l’état neurologique est inconstant, est hospitalisé après avoir fait un malaise dans sa cellule de la prison de Fresnes (Val-de-Marne).

En attendant le résultat des fouilles, Éric Mouzin, lui, pense surtout à sa fille : « J’imagine l’effroi qui a été le sien lorsqu’elle s’est retrouvée dans la camionnette de cet homme durant trois heures. Je ressens la terreur qu’a dû être la sienne. Cette enquête est devenue un feuilleton, mais n’oublions pas la victime. »

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