Alain Cocq, militant de l’euthanasie, est mort par suicide assisté en Suisse

L’homme, âgé de 58 ans, souffrait depuis plus de trente ans d’une maladie incurable. En 2020, il avait demandé au président de la République l’autorisation de mourir dans le cadre de la loi Claeys-Leonetti, mais son pronostic vital immédiat n’était pas engagé.

publicités

Alain Cocq, qui avait fait deux grèves des soins et de la faim en 2020 pour réclamer le droit à l’euthanasie, est décédé mardi matin en Suisse par suicide assisté, a annoncé son entourage. En septembre 2020, il avait menacé de se laisser mourir en direct sur Facebook si Emmanuel Macron ne changeait pas la loi pour autoriser le suicide assisté

«Je tiens à vous informer, par la présente, de mon décès dans la dignité, dans le cadre d’une procédure de suicide assisté en Suisse», écrit Alain Cocq dans une lettre ouverte adressée au président de la République, au gouvernement et aux parlementaires et diffusée par ses soutiens.

publicités

«Il a pris un cachet, cela a été très rapide. C’est chose faite et c’est une très bonne chose qu’il soit parti comme il le souhaitait», a déclaré à l’AFP François Lambert, un de ses proches qui est aussi avocat et neveu de Vincent Lambert, autre cause célèbre des partisans de l’euthanasie.

«C’est préférable à rester en vie dans cet état», a ajouté François Lambert en référence aux souffrances anciennes d’Alain Cocq. «Alain Cocq est décédé ce matin à 11H20. A Berne (CH), selon son désir, dans la dignité. Repose enfin en paix Alain», a précisé sur Facebook, Sophie Medjeberg, une autre proche du Dijonnais.

publicités

Alain Cocq a été diagnostiqué à 23 ans d’une maladie aussi incurable que douloureuse, qui l’a conduit à vivre pendant 35 ans «en soins palliatifs», selon ses termes. Le Dijonnais avait tenté à deux reprises courant 2020 de se laisser mourir, en faisant la grève des soins et de la faim, mais il avait dû renoncer face à des douleurs insoutenables. Il avait alors annoncé son intention de se rendre en Suisse, où le suicide assisté est légal. Une association, dont il avait tu le nom, lui avait offert de financer les «8000 à 10.000 euros» nécessaires.

Le «manque de courage politique» dénoncé dans une lettre

Dans sa «lettre d’outre-tombe», Alain Cocq prend d’abord à partie le président de la République Emmanuel Macron qui avait refusé en août de donner l’autorisation au corps médical de lui prescrire, à titre compassionnel, du pentobarbital, un barbiturique puissant qui lui aurait permis de «partir en paix».

Le malade y dénonce ensuite le «manque de courage politique» du gouvernement, accusé d’avoir refusé «de mettre à l’ordre du jour un projet de loi sur la fin de vie dans la dignité, que ce soit par le suicide assisté lorsque la personne est consciente, ou par euthanasie lorsque la personne n’est plus en capacité de s’exprimer».

Malgré un large appui, une proposition de loi ouvrant un droit à «une fin de vie libre et choisie» du député Olivier Falorni (groupe Libertés et territoires) n’avait pu être adoptée dans un temps contraint en avril face à des milliers d’amendements déposés par quelques élus LR.

«Je tiens à féliciter Mesdames et Messieurs les députés qui ont eu le courage et la conscience de voter pour l’article 1 du projet de loi de M. Falorni», ajoute Alain Cocq, avant de «fustiger l’archaïsme du Sénat» qui a rejeté «un projet de loi similaire».

Avec AFP

Franbuzz sur Facebook

Répondre