Après le décès de sa fille, une mère réclame des mesures contre les fausses ordonnances

Décédée d’une overdose en septembre 2021, Melyne, une jeune lyonnaise de 18 ans, se procurait des anxiolytiques à l’aide de fausses ordonnances. Un danger sur lequel tentent d’alerter sa mère et sa sœur, à l’aide d’une pétition.

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20 Minutes : Décédée en septembre 2021 d’une overdose de médicaments, Melyne n’avait que 18 ans. Moins d’un an après, sa mère Sandrine et sa sœur Léa se battent à l’aide d’une pétition qui cumule plus de 50.000 signatures. Celles-ci veulent alerter sur la dangerosité de certaines pharmacies qui délivrent trop facilement des anxiolytiques aux jeunes.

En effet, Melyne se procurait de la méthadone et du Xanax à l’aide de fausses prescriptions. Étudiante en école de photographie et alors qu’elle n’était pas encore majeure, elle utilisait ses connaissances pour « truquer les ordonnances sur son ordinateur », raconte sa sœur Léa. Sa mère se rappelle : « Elle faisait des vidéos dans la pharmacie pour montrer à quel point c’était simple. Melyne disait qu’elle avait perdu sa carte Vitale, et elle réglait en espèces. »

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La difficulté d’identifier les « nomades médicaux »

Si ces anxiolytiques sont délivrés uniquement sur ordonnance, la carte Vitale, elle, n’est pas obligatoire. Toutefois, Hugues Videlier, président de l’ordre des pharmaciens d’Auvergne-Rhône-Alpes, précise : « On demande tout le temps les cartes Vitale car c’est une facilité pour nous. » Si cette carte permet l’avance des frais, elle permet aussi d’accéder aux dossiers des patients.

Hugues Videlier reconnaît qu’il est très compliqué de surveiller les malades qui font du « nomadisme médical », consistant à consulter plusieurs praticiens pour une même pathologie afin de se voir délivrer plusieurs ordonnances. Certains peuvent faire « jusqu’à 30 médecins différents, et autant de pharmacies », précise-t-il. Pour les pharmaciens, il devient donc difficile de différencier les « vrais » patients des personnes en état d’addiction, qui viennent parfois pour la première fois.

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Les messageries sécurisées, une solution ?

Pour lutter contre ces fausses ordonnances, Hugues Videlier et ses confrères demandent une messagerie infaillible : « Depuis des années, on réclame des ordonnances sécurisées. Il faudrait que les médecins soient équipés de messageries sécurisées directement reliées à la pharmacie. On ne va pas s’en sortir tant qu’on continuera à imprimer les ordonnances. »

Désormais, pour Sandrine et Léa, le combat continue. Si elles implorent la vigilance des pharmaciens, les deux femmes alertent les parents par la même occasion : « J’ai aussi fait cette pétition pour que les parents puissent se rendre compte que la pharmacie familiale est un danger », explique la mère de Melyne. Sirop pour la toux, antidépresseurs ou autres médicaments peuvent en effet devenir de véritables cocktails explosifs, et meurtriers.

Source: Lucas Marcellin Pour 20 Minutes

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