Après l’incendie dans le Var, opération sauvetage des tortues d’Hermann, une espèce rare et protégée

Pour se protéger des flammes, certaines tortues de la réserve naturelle nationale de la Plaine des Maures se sont réfugiées sous des rochers.

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Le sud de la France a été touché pendant cinq jours par un énorme incendie. Le feu a ravagé plusieurs communes du Var, dont la réserve naturelle nationale de la Plaine des Maures dans laquelle se trouve des tortues d’Hermann. Certaines ont survécu aux flammes et ont été secourues par des bénévoles et des scientifiques.

Les tortues d’Hermann sont une rare et protégée. On estime la population de cette dernière espèce terrestre d’Europe à 15.000 dans le Var, dont 10.000 sur la seule Réserve. En fort déclin, cette animal qui hiberne en s’enterrant dans le sol, est classée vulnérable sur la Liste rouge nationale des espèces menacées.

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image: BFM TV

« On va essayer de la sauver parce que c’est elle qui va sauver l’espèce par la suite : elle va pondre ses œufs, continuer de se reproduire et permettre aux jeunes de repeupler les milieux qui ont été abîmés. » Sebastien Caron alerte sur la situation de la tortue d’Hermann et explique comment sauver cette espèce menacée dans la vidéo de Brut.

« La tortue, c’est notre porte-drapeau », explique Marie-Claude Serra, la conservatrice de la Réserve naturelle, déplorant « une catastrophe écologique (…) inédite en France ». « La tortue peut jeûner plusieurs semaines mais, en revanche, le risque est qu’elle se déshydrate », explique Sébastien Caron, responsable de la Station d’observation et de protection des tortues et de leurs milieux (Soptom) à Carnoules où est abrité le célèbre Village de tortues.

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« La tortue a su résister au temps »

Dominique Guicheteau, directeur scientifique de la Réserve, tente de repérer grâce à leur émetteur celles qui auraient survécu aux flammes. Un bip résonne. Il s’allonge et plonge le bras sous un rocher où l’une d’elle s’est réfugiée. A ses côtés, une couleuvre de Montpellier entortillée s’est aussi protégée du feu.

L’animal à la carapace jaune et noire, long d’une quinzaine de centimètres, est en bonne santé. Elle est rapidement baignée dans une bassine pour s’abreuver. Pesée, mesurée, la tortue récupérée est remise dans son milieu pour lui « éviter un stress supplémentaire », et devra attendre la repousse à l’automne de maigres herbes avec la pluie pour se nourrir avant d’hiberner.

On estime la population de cette dernière espèce terrestre d’Europe à 15.000 dans le Var, dont 10.000 sur la seule Réserve. – AFP

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) s’est inquiété cette semaine des conséquences pour la faune sauvage – lynx du désert, cerf corso-sarde, oiseaux, rongeurs et reptiles – des incendies qui ravagent cet été la Russie et les pays du bassin méditerranéen.

Dans le Var, si une tortue « a survécu à l’incendie, on peut estimer qu’elle s’en sortira », estime Sébastien Caron, même s’il faudra plus de « trente ans » pour connaître les conséquences exactes sur la reproduction de l’espèce dont la longévité peut atteindre 60 ans. « La tortue a une faiblesse : sa lenteur, mais elle a su résister au temps », relève Sébastien Caron à propos de cet animal apparu sur terre il y a quelque 250 millions d’années.

Quelques mètres plus loin, un couple de tortues est retrouvé sous un autre rocher. Couvert de terre, il a dû trouver refuge bien avant l’incendie pour se protéger de la canicule, observe Sébastien Caron. Tous n’auront pas eu la même chance, un spécimen mort a été retrouvé durant cette matinée. Mais 31 autres étaient vivantes.

« Nous nous sommes dirigés dans les endroits où l’on savait qu’on avait des chances de retrouver des tortues vivantes grâce notamment aux rochers, mais c’est loin d’être le cas partout », nuance Dominique Guicheteau. A la Réserve naturelle nationale de la plaine des Maures, les recherches ont été courtes ce jeudi : au loin le feu a repris, les bénévoles sont évacués à contre-coeur.

Avec Agences

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