Ille-et-Vilaine : Après un accouchement à domicile, un couple se voit retirer la garde de ses deux enfants

La juriste Marie-Hélène Lahaye raconte sur Twitter l’histoire de jeunes parents qui auraient subi une injustice administrative ayant conduit à un retrait de la garde de leurs deux enfants.

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« Voici comment la mairie de Vitré (Ille-et-Vilaine), dirigée par Isabelle Le Callenec, organise le rapt d’un nouveau-né et d’un enfant de 2 ans pour punir leur mère d’avoir choisi ses conditions d’accouchement. » C’est ainsi que débute le long fil Twitter de Marie-Hélène Lahaye qui relate l’histoire de Noémie et Raphaël. Ce jeune couple, parents de la petite Nausicaa (2 ans), et tout récemment de Lou, s’est vu, comme le rapporte la juriste dans ses tweets, enlever provisoirement la garde de ses enfants.

Le jeudi 7 juin, le père s’est présenté au service d’état civil de la mairie de Vitré pour déclarer la naissance de sa fille le 3 juin à son domicile. Lui et sa compagne ont fait le choix « mûrement réfléchi » d’un accouchement non assisté qui s’est « parfaitement déroulé » à leur domicile. La maman va bien, le bébé aussi. Sauf que ça, l’officier de l’état civil avait besoin d’en avoir la preuve. En l’absence d’attestation d’un médecin ou d’une sage-femme, le père est revenu le 8 juin avec sa compagne et son enfant, dernier jour possible pour déclarer la naissance « en indiquant qu’il n’avait pas trouvé de médecin ni de sage-femme pour établir un certificat médical », précise la maire de Vitré Isabelle Le Callennec. La déclaration de naissance a pu être enregistrée.

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Ce jour-là, l’agent d’état civil a insisté pour rappeler l’importance de faire visiter l’enfant par un médecin afin de s’assurer de son état de santé « sans que ce conseil semble trouver d’écho favorable près du père », précise la municipalité vitréenne. L’agent a alerté la Protection maternelle et infantile de la naissance, l’informant de l’absence de visite médicale. « Le service état civil a ainsi respecté la réglementation », promet la municipalité.

La demande de placement des enfants a été effectuée par le département d’Ille-et-Vilaine, qui a adressé un signalement au procureur de la République de Rennes. Le motif ? « Des éléments de risque de danger sur la santé et le suivi médical de deux enfants d’une famille vitréenne », précise le département dans un communiqué.

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C’est ensuite le parquet qui a ordonné le placement auprès des services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) avant de saisir le juge des enfants qui devra statuer sur cette situation. Mais quand ? « On nous a dit qu’on ne pourrait pas voir nos enfants avant trois semaines », dénonce Noémie, qui n’est donc pas autorisée à l’allaiter.

Après discussion, elle a obtenu l’autorisation de tirer son lait pour qu’il soit donné à son bébé. Mais la tension est montée très fortement quand les parents ont exprimé leur incompréhension face à ce placement qu’ils jugent abusif. « L’aide sociale à l’enfance du département d’Ille-et-Vilaine continuera à accompagner les parents et les enfants concernés, dans le respect des décisions rendues par la justice », assure le département.

Grâce à une collecte de fonds organisée en ligne par des proches de la famille, une avocate a été engagée. Elle devrait voir le juge ce mardi. Les parents continuent de solliciter un droit de visite, estimant « qu’il n’y a pas de réelle raison » qu’ils ne voient pas leurs deux filles.

Noémie et Raphaël relaient aujourd’hui leur histoire sur les réseaux sociaux, accompagnée du #réunirnotrefamille, en espérant son dénouement rapide. D’autant que chaque jour passé en attendant la décision du juge est un « traumatisme pour la famille, une rupture des liens » entre le bébé et sa mère, indispensable au développement de l’enfant.

Avec Agences

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