Au plus fort de la pénurie : Le retour de la moutarde en rayons, c’est pour quand ?

Il est devenu difficile, voire impossible de trouver de la moutarde. Les rayons sont vides. Les fabricants sont à court de graines, qu’ils importent massivement du Canada où la sécheresse et les incendies ont pesé sur la récolte de 2021.

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C’est devenu la quête du graal depuis quelques semaines. Les rayons sont vides et il est quasiment impossible de trouver de la moutarde. Et si vous avez l’immense chance d’en trouver, il est parfois possible de n’en prendre qu’un ou deux pots maximum par foyer, précise Le Télégramme.

Pour une fois, ce n’est pas tant la guerre entre la Russie et l’Ukraine qui est la cause de cette pénurie, même si l’arrêt des échanges commerciaux avec le troisième et le quatrième exportateurs mondiaux pèse sur le marché.

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La faute revient surtout à la sécheresse et aux incendies de l’été dernier au Canada, qui fournit 80 % des graines consommées par le marché français. La production a ainsi chuté de 53 %, selon le ministère canadien de l’Agriculture, les exportations ont donc été limitées. Et comme le veut le cycle de l’agriculture, « les stocks de graines de moutarde sont extrêmement bas » alors que la nouvelle récolte commence, souffle à 20 Minutes Luc Vandermaesen, directeur général de Reine de Dijon, entreprise de fabrication de moutarde.

« Il y aura de nouveau de la moutarde en rayon vers le mois de novembre »

Et difficile pour la marque basée en Côte-d’Or de répondre aux attentes de ses clients. « Nous vendons rapidement ce qui a été produit dans nos usines », explique Luc Vandermaesen, qui déplore « l’absence d’information quant aux livraisons de graines que nous allons recevoir ». « Nous, travaillons sans visibilité, avec une semaine de préavis, pas plus », précise-t-il.

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L’industriel voit tout de même le bout du tunnel. La récolte française de l’été a été « plutôt très bonne » et « dépasse le rendement historique qu’on avait avant 2016 », se réjouit Fabrice Genin, agriculteur et président de l’association des producteurs de graines de moutarde en Bourgogne, auprès de France 3. « La récolte 2022 sera de 50 % supérieure à la récolte 2021 », prédit Luc Vandermaesen, qui annonce qu’il « y aura de nouveau de la moutarde en rayon vers le mois de novembre 2022, et de façon plus importante à compter du début 2023, lorsque la récolte canadienne sera livrée en France ».

Reste à en connaître les volumes, et à savoir si cela satisfera la demande. « Pour 2023, la demande des industriels auprès de la filière vise à multiplier par 2,5 les quantités produites en France », annonce Luc Vandermaesen. Conséquence de l’écart entre l’offre limitée et la demande, le prix du pot de moutarde a bondi de 14 % en un an, selon des données de l’Iri reprises par BFMTV. Une hausse qui devrait s’inscrire dans la durée, « ne serait-ce qu’en raison des contrats passés avec les agriculteurs français pour qu’ils augmentent les surfaces cultivées » pour faire face à la pénurie, prévient le directeur général de Reine de Dijon. Mais l’impact sur le  pouvoir d’achat des Français restera minime : « le Français moyen ne dépensait en 2021 que 4,60 € par an pour sa moutarde », indique Luc Vandermaesen.

Probablement jusqu’en 2024

Autant dire qu’il va falloir patienter avant de retrouver de la moutarde en rayon. « On espère avoir des quantités conformes aux besoins en 2023 », a indiqué Luc Vandermaesen au Télégramme, grâce notamment à la hausse de la production en Bourgogne, estimée à « + 50 % » en 2022. « Notre objectif est de tripler les surfaces cultivées dans notre région pour atteindre les 10 000 hectares, soit environ 1% des surfaces cultivables de la région. Les industriels de la filière ont aussi accepté de faire un effort et consenti à une augmentation du prix des graines qui leur seront livrées », a expliqué aux Echos Fabrice Genin, président de l’Association des producteurs de graines de moutarde de Bourgogne (APGMP).

Mais seules, les récoltes françaises ne parviendront pas à couvrir les besoins. En temps ordinaire, environ 80% des 35 000 tonnes de graines nécessaires sont importées du Canada. Au journal Le Monde, Luc Vandermaesen a admis que la moutarde pourra se faire rare jusqu’en… 2024.

Avec Agences