Bientôt une troisième dose de vaccin anti-Covid pour tout le monde ?

Mardi, l’Agence européenne du médicament a donné son aval pour l’administration d’une troisième dose du vaccin Pfizer/BioNTech aux plus de 18 ans. Pour le moment réservé aux plus de 65 ans, ce rappel pourrait-il bientôt concerner plus de monde ?

publicités

La troisième dose de vaccin anti-coronavirus sera bientôt une réalité pour plus de 20 millions de Français et de Françaises, si on en croit les dernières recommandations de la Haute autorité de santé (HAS). Ce mercredi, l’organisme a recommandé un rappel de vaccin pour les « soignants, transports sanitaires et professionnels du secteur médico-social ». Il a été suivi par le gouvernement.

Cette protection supplémentaire, également appelée « booster dose », pour les vaccins qui nécessitent deux doses initiales, n’est requise , à ce stade, que pour les plus fragiles. Toutefois, le ministère a précisé que « ce premier cercle pourra être complété » par d’autres publics.

publicités

1 – À qui s’adressera la troisième dose de vaccin ?

Dans son communiqué du 4 octobre, l’Agence européenne du médicament indique que « des doses de rappel de Comirnaty [nom commercial du vaccin Pfizer] peuvent être envisagées pour les personnes âgées de 18 ans et plus ». Une simple recommandation donc, mais que la France pourrait bien suivre.

En effet, dès le mois d’août, la Haute autorité de santé s’était déjà prononcée en faveur d’une troisième injection de vaccin pour les personnes les plus fragiles, avant même que l’EMA ne donne son feu vert.

publicités

Concrètement, le rappel vaccinal est déjà possible aujourd’hui pour les résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et des unités de soins longue durée (USLD), pour les personnes de 65 ans et plus, celles à très haut risque de forme grave, les personnes qui présentent des comorbidités, qui sont sévèrement immunodéprimées, ou qui ont reçu une seule dose de vaccin Janssen.

Si les autorités de santé françaises reproduisent le schéma des décisions prises à la fin de l’été, il se pourrait que la troisième dose de vaccin soit proposée à toutes les personnes vaccinées majeures. À noter que la HAS soulignait déjà, dans un rapport rendu en août, que la baisse de l’efficacité du vaccin au fil du temps « ne touche pas seulement les personnes âgées et les populations à risque de formes graves ». Conclusion : une troisième dose pourrait être bénéfique pour tout le monde, à l’exception des enfants et des jeunes de 12 à 17 ans, qui ne sont pas concernés.

2 – Combien de temps faudra-t-il attendre entre la deuxième et la troisième dose ?

Le délai entre la première et la deuxième injection de vaccin à ARN messager était de 35 jours au début de la campagne de vaccination en France, avant de passer à 21 jours à la mi-juin. Pour cette dose de rappel, il faut attendre un peu plus longtemps. L’Agence européenne du médicament indique dans son communiqué que cette nouvelle piqûre doit être réalisée « six mois après l’injection de la deuxième dose, et quatre semaines après la dose unique de Janssen ». Les données montrent « une augmentation des taux d’anticorps lorsqu’une dose de rappel est administrée environ six mois après la deuxième dose chez les personnes âgées de 18 à 55 ans ».

Des délais déjà appliqués par la France depuis le 1er octobre pour sa campagne de rappel vaccinal auprès des personnes fragiles ou âgées de plus de 65 ans. Le bon sens voudrait donc que ce même délai s’applique, dans le cas où la France élargirait la troisième dose à tous les adultes.

3 – Cette troisième dose sera-t-elle obligatoire ?

« Recommandée », « peut être envisagée »« possible », autant de formulations employées par l’EMA et la HAS pour parler de l’injection de rappel. En effet, l’Agence européenne du médicament ne parle aucunement d’obligation, mais bien d’une recommandation au regard des études réalisées.

De même, la troisième injection déjà proposée aux personnes de plus de 65 ans en France, est simplement conseillée pour renforcer l’immunité. En toute logique, l’agence de santé française devrait là aussi proposer et non imposer le rappel à tous.

Attention toutefois, une nuance pourrait s’inviter dans l’équation. En effet, depuis le 15 septembre, la vaccination est devenue obligatoire pour certains professionnels. Sans schéma vaccinal, ces salariés peuvent être suspendus. La troisième dose pourrait-elle devenir obligatoire pour les professionnels en contact avec du public ? Difficile de faire des plans sur la comète puisque ce cas de figure est sans équivalent par le passé.

4 – Pas de troisième dose, pas de passe sanitaire ?

Le précieux sésame pourrait-il devenir périmé si le rappel vaccinal n’est pas fait ? Une grande question à laquelle l’Agence européenne du médicament ne fait pas référence dans son communiqué. La France pourrait-elle faire ce choix pour inciter la population à effectuer sa troisième dose ?

Si la situation effective aujourd’hui pour les plus de 65 ans est suivie, alors cela semble peu probable. En effet, les Français vaccinés avec le Janssen ou avec un ARN messager, se sont simplement vus proposer une dose supplémentaire, sans se faire retirer leur passe sanitaire. Leur QR code – outil indispensable pour toute sortie dans un lieu qui accueille du public – n’a pas disparu de l’application lorsqu’ils n’ont pas donnée suite au SMS de rappel vaccinal envoyé par l’Assurance Maladie.
À noter toutefois qu’il est écrit sur Service public (site officiel de l’administration française), que « l’injection d’une dose de rappel génère un nouveau QR code qui n’efface pas l’ancien. Les deux peuvent servir de passe sanitaire ».

5 – Où sera-t-il possible de se faire vacciner ?

L’affluence du début de la campagne de vaccination s’est aujourd’hui nettement calmée. Les centres de vaccination géants ont pour certains fermé leurs portes. Au 1er octobre, la Direction générale de la santé indiquait au Parisien que 1 280 centres de vaccination étaient encore ouverts, contre 1 634 à la fin du mois de mai. Sachant que plus de 48 millions de Français ont un schéma vaccinal complet au 3 octobre, selon les chiffres du ministère de la Santé, les candidats à la vaccination se font de moins en moins nombreux. Qui dit plus faibles demandes, dit relocalisation vers des espaces de vaccination adaptés.

Les personnes déjà éligibles à la dose de rappel peuvent aujourd’hui se la procurer chez leur médecin traitant (ou le médecin de leur choix), dans une pharmacie, en cabinet infirmier ou de sage-femme, ou dans un centre de vaccination encore ouvert. Le vaccin Pfizer est distribué en cabinet de ville depuis le 1er octobre.

Il se pourrait donc que la Haute autorité de santé suive cette ligne directrice dans le cas d’une généralisation de la troisième dose. À noter qu’une telle mesure pourrait entraîner un regain des demandes dans les vaccinodromes encore actifs.

6 – Une troisième dose dans les pays développés, un problème pour les pays pauvres ?

Depuis le début des campagnes de vaccination dans la plupart des pays riches, l’OMS ne cesse de rappeler qu’il ne faut pas oublier les pays pauvres, moins bien dotés en doses de vaccin. Ce fut peine perdue quand l’organisme international a demandé de privilégier les pays les moins avancés par rapport aux moins de 18 ans dans les pays riches. On se dirige vers le même schéma pour la troisième dose. Il y a seulement un mois, le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, réaffirmait ne pas souhaiter « voir une utilisation généralisée des doses de rappel pour les personnes en bonne santé qui sont entièrement vaccinées ».

Pour Michaël Rochoy aussi la priorité devrait être de vacciner les pays les moins favorisés. Pour une raison d’abord « humaine » : « Le risque est que l’épidémie galope dans ces pays où la couverture vaccinale est non seulement moins bonne mais la capacité de soins aussi beaucoup moins importante. Donc avec un taux de mortalité bien plus élevé. »

Et également pour une raison plus « égoïste » : laisser circuler le virus ailleurs, c’est prendre le risque de voir se développer un nouveau variant, possiblement plus résistant aux vaccins. « C’est pour l’instant de la science-fiction, mais c’est un risque qui existe », rappelle le médecin.

Franbuzz sur Facebook

Répondre