Cet été pourrait être plus difficile que l’an dernier, selon le Conseil scientifique

Et si l’accalmie tant attendue pour cet été sur le front de la pandémie de Covid-19 n’avait pas lieu, contrairement à l’an dernier ? Tout dépendra de l’efficacité des mesures prises par le gouvernement et de la couverture vaccinale, prévient le Conseil scientifique dans son dernier avis, remis lundi 29 mars, sur la tenue des élections régionales et départementales prévues en juin prochain.

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VIA : Ouest-France

Le Covid-19 laissera-t-il la possibilité aux Français de profiter de l’été à venir, comme ce fut le cas l’an dernier ? Le doute est permis. C’est ce que laisse entendre le Conseil scientifique dans son avis remis lundi 29 mars au Premier ministre, sur la tenue des élections régionales et départementales prévues les 13 et 20 juin prochains.

Dans ce document qui n’a pas encore été rendu public, mais a été partagé par L’Indépendant, l’instance chargée d’éclairer le gouvernement dans ses décisions pour lutter contre le coronavirus évoque un « état de la pandémie en juin 2021 difficile à anticiper ». « Il serait erroné de penser que l’état de l’épidémie en juin 2021 sera nécessairement identique à ce qu’il était en juin 2020 », prévient le Conseil. Et ce, pour plusieurs raisons.

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Le mauvais exemple des États-Unis

La France sortait alors d’un confinement « strict » de deux mois. Au 13 juin 2020, les contaminations quotidiennes étaient tombées à 462 cas en moyenne sur sept jours, d’après les données de Covid Tracker. Et le nombre de patients Covid en réanimation s’établissait à 843. Rien à voir avec les 36 625 nouveaux cas en moyenne sur les sept derniers jours et les 4 974 patients en réanimation comptabilisés lundi 29 mars.

L’aggravation actuelle de la situation sanitaire n’est pas de nature à rendre le Conseil optimiste pour les mois à venir. « Des pays comme les États-Unis qui ont démarré l’été 2020 avec un niveau élevé d’infections ont ensuite connu une vague épidémique importante pendant cette période », rappelle ainsi l’instance.

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La menace des variants

Autre différence notable par rapport à l’an dernier : la diffusion des variants du coronavirus. Et en particulier du variant britannique, « désormais largement dominant ». Les auteurs de la note indiquent qu’il est « 50 % – 70 % plus transmissible et augmente de 60 % le risque d’hospitalisation ». Des caractéristiques « susceptibles de conduire à une augmentation des hospitalisations notamment en réanimation dans les mois qui viennent », alors que la troisième vague y est déjà pire que la deuxième.

Un scénario d’autant moins exclu qu’« on ne peut éliminer l’hypothèse de l’apparition d’un nouveau variant dont la sensibilité aux vaccins serait diminuée ». Le Conseil scientifique nuance toutefois cette hypothèse, en ajoutant qu’elle est « moins probable en juin qu’à des dates ultérieures compte tenu de la cinétique d’apparition des variants ».

L’effet de la vaccination « pas suffisant » sur les hospitalisations

Pour sortir de l’ornière, le gouvernement compte beaucoup sur la vaccination. À condition que le calendrier de livraison des doses soit tenu, le Conseil suppose « qu’à la mi-avril, 10 millions de Français seront vaccinés, 20 millions à la mi-mai et 30 millions à la mi-juin. Ainsi les personnes les plus à risque en raison de leur âge ou de leur comorbidité, soit 16,5 millions de personnes, seraient majoritairement vaccinées à la mi-mai. »

Au cours de l’été, la vaccination sera ouverte aux plus jeunes et aux personnes les moins vulnérables. De sorte que « fin septembre, 40 à 45 millions de personnes pourraient être vaccinées », estime le Conseil.

« Les vaccins devraient réduire le nombre d’hospitalisations de façon importante par rapport à un scénario sans vaccin », prédisent les auteurs de la note. Ces derniers soulignent néanmoins que « si l’immunité collective, qu’elle soit vaccinale ou naturelle, reste inférieure à 70-80 % de la population, un rebond de l’épidémie est malgré tout possible ».

Surtout, dans les mois qui viennent, l’effet de la vaccination « ne sera pas suffisant pour éviter un rebond important des hospitalisations sans un renforcement des mesures de contrôle ».

De nouvelles restrictions en avril et mai ?

Depuis le 20 mars dernier, le gouvernement a certes complété le couvre-feu généralisé par des « mesures de freinage renforcées » dans seize, puis dix-neuf départements. Mais l’effet de ces nouvelles restrictions « reste incertain », note le Conseil scientifique.

Ce dernier insiste pourtant : « L’intensité et la nature des mesures de contrôle mise en œuvre au cours des 2 mois qui viennent (avril et mai 2021) sont un élément clé pour anticiper l’état de la pandémie en juin 2021 ». Reste un dernier point d’inquiétude, à savoir le respect des mesures barrières par la population, chez qui le Conseil observe « une grande lassitude après un an de pandémie ».

Source : Ouest-France

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