Confrontée à un déficit record, la Poste va ralentir la distribution du courrier

Confrontée à une chute du volume de courrier et un déficit record, La Poste proposera en 2023 une nouvelle gamme, centrée sur une offre à J+3, au lieu de J+2. L’État prévoit de lui verser au moins 500 millions d’euros pour financer le service universel postal.

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Pour recevoir du courrier actuellement, il faut deux jours. Bientôt, il en faudra trois. Si l’envoi de lettres était de moins en moins dans les usages, ce volume a dégringolé avec la crise du coronavirus. Les ménages aujourd’hui envoient cinq lettres prioritaires par an, contre 45 en 2008.

Par conséquent, le déficit de l’entreprise s’est sensiblement creusé en 2020, atteignant 1,3 milliard d’euros. Un déficit qui, s’il se maintient, devrait peser sur les autres activités du groupe soumises à la concurrence, notamment logistiques et bancaires.

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1,6 milliard de plis en moins durant la pandémie

L’activité du courrier traditionnel a notamment pâti de la crise sanitaire en 2020, avec une baisse de chiffre d’affaires de 13 % sur un an et des volumes en recul de 18 %, soit 1,6 milliard de plis en moins. La hausse de 29 % des volumes du colis classique (Colissimo) n’a pas suffi à amortir cette baisse.

En 2020, chaque ménage a envoyé en moyenne cinq courriers J+1, les « timbres rouges », contre 45 en 2008, a illustré l’ancien député du Lot Jean Launay dans un rapport remis en mai, qui proposait notamment de taxer les opérateurs de télécommunications et de piocher dans le budget de l’État pour combler le déficit du service universel.

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Car le déficit sur ces prestations de base imposées par la loi, comme la levée et la distribution du courrier six jours sur sept, menace de peser sur les autres activités du groupe, soumises à la concurrence, notamment logistiques et bancaires.


Source de vidéo: lci

Service à J+3

Le groupe La Poste a salué dans une déclaration à l’AFP une « décision importante » qui va lui permette de « poursuivre et d’amplifier son effort de transformation ».

L’entreprise préparera d’ici à 2023 une nouvelle gamme, centrée sur une offre à J+3, au lieu de J+2. Cette politique doit être élaborée « d’ici la fin de l’année 2022 », avant le nouveau contrat d’entreprise avec l’État (2023-2028). Elle doit en priorité permettre à la Poste d’économiser 400 millions d’euros par an, selon le Figaro.

Ces orientations risquent de se traduire par « des pertes d’emplois » à la fois sur les plateformes d’acheminement du courrier comme chez les postiers, s’est inquiétée Marie Vairon, secrétaire fédérale de SUD-PTT, présente à la réunion.

L’abandon de la distribution du courrier en deux jours, combiné à la hausse du prix du timbre, va aussi « créer un service à deux vitesses », estime-t-elle.

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