Déclarée morte par erreur, une Bretonne doit prouver qu’elle est en vie

Le 14 février 2022, son banquier l’appelle et lui annonce qu’elle est décédée. Mutuelle, sécurité sociale, retraite… « Tout est bloqué, je n’existe plus nulle part », témoigne-t-elle.

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Elle est la victime d’une erreur administrative grave qui fait d’elle une revenante. Annie, 63 ans, vit à Clohars-Carnoët (Finistère), à la frontière du Finistère et du Morbihan. Cette sexagénaire a appris de la bouche de son banquier qu’elle était décédée. C’est par un courrier de la caisse de retraite que son conseiller financier avait eu vent de la nouvelle.

L’explication est sans doute assez simple. D’après Ouest-France, à qui la retraitée s’est confiée, Annie a perdu une tante qui porte le même nom qu’elle le 13 février. Le 14 février, la Bretonne était donc déclarée décédée par erreur.

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«Je n’existe plus nulle part»

«C’est le début de l’aventure,» ​pour Annie, qui reste optimiste. «À moi de me débrouiller pour dire que je suis vivante. Tout est bloqué, je n’existe plus nulle part : plus de mutuelle, plus de sécurité sociale, plus de retraite…»

Elle appelle le Défenseur des droits qui lui donne la marche à suivre. Pour avoir un extrait de naissance à la mairie de Guer, sa commune morbihannaise d’origine, elle fait établir un certificat de vie en mairie de Clohars-Carnoët. «Puisque je suis décédée.»

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Certificat de vie en main, Annie poursuit sa renaissance administrative. Seule. Au fil de son enquête, elle comprend : une tante, née en 1934 et qui porte le même nom qu’elle, est décédée le 13 janvier 2022. En termes de délai, ça correspond. Les administrations se renvoient la responsabilité.

Pour prouver qu’elle n’est pas décédée, Annie est allée en mairie de Clohars-Carnoët faire établir un certificat de vie. | OUEST-FRANCE

« Qu’on remette ma vie en ordre »

Contactée par mail via son service de presse, la Carsat, l’organisme de Sécurité sociale pour la retraite et la santé des salariés et indépendants pourrait apporter des éléments concernant cette situation»​.

En attendant, regrette Annie, «en un clic, je suis décédée et certainement enregistrée comme telle à l’Insee (N.D.L.R. : Institut national de la statistique et des études économiques.) ​Tout ce que je veux, c’est qu’on remette ma vie en ordre. Pourquoi n’y a-t-il pas un service pour gérer les litiges ?»