Depuis début 2022, les passages aux urgences pour comportement suicidaire augmentent chez les ados

Les dernières données montrent que l’augmentation des gestes suicidaires se poursuit en 2022 chez les mineurs, principalement chez les filles. Une situation d’autant plus préoccupante que l’offre de soins est saturée. Dans toute la France, les professionnels de santé de l’enfance appellent à une mobilisation collective.

publicités

C’est un cri d’alarme que lancent les professionnels de l’enfance, face aux tentatives de suicide des jeunes, qui augmentent depuis fin 2020, la hausse se poursuivant encore aujourd’hui. Dans toute la France, tous appellent à un sursaut collectif.

« Les passages aux urgences pour geste suicidaire, idées suicidaires et troubles de l’humeur se maintiennent à des niveaux élevés, comparables (pour les 11-14 ans) voire supérieurs (pour les 15-17 ans et les 18-24 ans) à ceux observés début 2021 », indique Santé publique France (SPF) dans son dernier bulletin sur la santé mentale début avril. Le rapport est de cinq filles pour un garçon. « Toutes les tranches d’âge chez les jeunes sont très au-dessus en 2022, c’est édifiant », commente Charles-Edouard Notredame, psychiatre au CHU de Lille.

publicités

Entre la 1re et la 11e semaine de 2022, précise SPF, 6 418 passages aux urgences pour gestes suicidaires ont été enregistrés (soit +27 % par rapport à la même période de 2021). Sur l’ensemble de l’année 2021, ce nombre était de 23 791, contre 17 333 en 2020 (la moyenne étant de 19 586 pour les années 2018-2019). Les passages aux urgences pour idées suicidaires n’ont, eux, cessé d’augmenter depuis 2018-2019 (moyenne annuelle de 4 246). Leur nombre est de 5 210 en 2020, 9 003 en 2021, et 2 992 pour les onze premières semaines de 2022.

Autre donnée, « alors que ça a baissé dans toutes les tranches d’âge durant les premiers mois de la pandémie (sauf chez les personnes âgées), il y a eu ensuite une augmentation importante du nombre des adolescents hospitalisés pour tentative de suicide [TS] avec une hausse de 27 % à partir de fin 2020 par rapport à 2019, les jeunes filles étant là aussi très majoritairement concernées, explique Fabrice Jollant, psychiatre et chercheur (université Paris Cité). C’est très évident et très franc, et ce niveau élevé se poursuit ».

publicités

Quant aux appels aux huit centres antipoison (CAP) pour prise volontaire de médicaments ou autres toxiques, « ils sont, cette année, quasiment deux fois plus nombreux concernant les 12-24 ans, avec environ trente-cinq appels par jour en moyenne, contre vingt environ en 2019, les femmes étant plus touchées », ajoute Dominique Vodovar, médecin au CAP de l’hôpital Lariboisière (Assistance publique-Hôpitaux de Paris, AP-HP).

Signaux au rouge

Rappelons que le suicide est la deuxième cause de mortalité des 15-24 ans, derrière les accidents de la route, partout dans le monde. En France, il cause entre 300 et 350 décès de jeunes par an dans cette tranche d’âge, dont trois fois plus de garçons que de filles, les derniers chiffres disponibles datant de 2017. Par ailleurs, le nombre de suicides diminuait depuis plusieurs années chez les adultes, hommes et femmes.

Les filles plus touchées que les garçons

Dans un article du Monde publié ce mardi, plusieurs professionnels de l’enfance alertent les pouvoirs publics face à ces données. Interrogé par le quotidien du soir, Richard Delorme, chef du service de pédopsychiatrie à l’hôpital Robert-Debré (AP-HP), situé dans le nord-est de Paris s’étonne : « Les tentatives de suicide ne cessent de monter, avec une augmentation de 25 % en janvier, février et mars 2022, par rapport à la même période de 2021 (…) On ne pensait pas que ça pouvait encore augmenter. » Autre enseignement tiré du bulletin de Santé publique France (SPF), les jeunes filles seraient plus largement touchées que les garçons.

Conscient des conséquences de la pandémie sur la santé mentale des Français et des plus jeunes, Emmanuel Macron avait appelé, en septembre dernier, à mettre plus de moyens dans le secteur. Depuis le 5 avril dernier, le remboursement par la Sécurité sociale de huit séances chez le psychologue pour tous les patients âgés de plus de 3 ans est désormais possible. Sur « orientation du médecin », ils peuvent consulter un psychologue référencé sur le site « MonPsy », et bénéficier d’un entretien d’évaluation et de sept séances de suivi par an, remboursés par l’Assurance maladie.

Sources: Le Monde20 Minutes

 

Franbuzz sur Facebook

Répondre