Des soignants « anti-vaccins » raccrochent leur blouse, quitte à « changer de pays »

A contrecœur, ces personnels de santé vont faire une croix sur leur profession mercredi 15 septembre, date d’application de l’obligation vaccinale pour leur secteur.

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20 Minutes : J-1 avant la tolérance zéro. A partir de ce mercredi 15 septembre, les soignants et soignantes devront faire preuve d’exemplarité :  être vaccinés avec au moins une dose contre le  Covid-19. Pour une minorité de personnels des hôpitaux, cliniques et Ehpad, c’est la goutte de trop.

Déjà à la peine depuis plus d’un an et demi face à la pandémie de coronavirus, ils ont décidé de raccrocher ou de subir (voire de contourner) les sanctions prévues – à savoir une suspension, sans rémunération.

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Un scénario pour lequel Laurence, soignante depuis trente ans, s’est préparée : « Ce 15 septembre, je porterai ma blouse blanche pour la dernière fois » affirme-t-elle. Elisabeth, infirmière depuis vingt-deux ans, ne compte pas non plus se faire vacciner. Mais « pour l’instant ma clinique qui est en grand manque de personnel, nous a garanti qu’aucune mesure ne serait prise contre le personnel non-vacciné », témoigne-t-elle.

« En revanche, si l’ARS s’en mêle, met la pression à ma direction et que je suis suspendue, je chercherai un autre travail et je contacterai un avocat pour défendre mes droits », prévient l’infirmière. Flora, seule infirmière dans un Ehpad, insiste sur les conséquences de sa suspension dans son établissement : « en avril, on recevait des mails du conseil de l’Ordre, nous demandant d’aller bosser, à cause du manque de personnel ».

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La goutte d’eau qui fait déborder le vase

Après la valorisation des soignants lors de la première vague et de certains autres métiers « en première ligne » certains de nos internautes font part de leur colère à être aujourd’hui pointés du doigt par le gouvernement. Sophie, aide à domicile depuis une dizaine d’années, va manifester.

Jean, qui travaille dans un institut médico-social au service maintenance, est déçu de sa direction, qui oblige les employés à se faire vacciner tandis qu’elle-même n’y est pas obligée « soi-disant parce qu’ils n’ont pas de contact avec les résidents ».

Emmanuelle, infirmière en Ehpad, a d’ailleurs décidé avec son compagnon, de poser un « congé parental et de vivre sur ses économies ». Laëtitia, elle, est secrétaire médicale de 40 ans. Avec son conjoint – lui vacciné –, ils sont éligibles aux inséminations artificielles. La perspective de se faire vacciner dans ce processus délicat d’AMP l’angoisse. « J’ai refusé de peur de perdre la chance qui nous ait donnés d’essayer d’avoir un enfant ». Elle n’est d’ailleurs pas fermée à l’idée de se faire vacciner au deuxième trimestre si elle a la chance d’être enceinte.

« C’est la fin d’un rêve »

Kinésithérapeute depuis plus de quinze ans, Philippe va fermer son cabinet deux ou trois semaines pour réfléchir à son avenir. « Je suis prêt à travailler plusieurs mois dans d’autres voies, petits boulots, intérim, etc., il y a du travail ailleurs mais quelles seront les conséquences ? », se demande-t-il. « Que vais je faire après ? », s’interroge également Jade, chirurgienne-dentiste, avec un agenda complet jusqu’au mois de janvier. « Soigner est pour moi une passion. S’il faut changer de pays je changerai », argue-t-elle.

Sophie, orthophoniste et neuropsychologue à Cannes, redoute la « précarité psychologique et financière » de sa non-vaccination ainsi que d’être obligée d’« abandonner mes patients à une précarité de soins développementaux et psychiques ». Mélanie, assistante sociale en établissement ou service social ou médico-social, va tenter de retrouver le même emploi dans une structure qui n’exige pas la vaccination ou « faire un projet de reconversion professionnelle dans la naturopathie ». Caroline, secrétaire comptable et facturière dans deux cliniques privées depuis onze ans, est tombée de haut en apprenant qu’elle était considérée comme personnel soumis à l’obligation vaccinale. Elle a fini par démissionner après le refus de sa hiérarchie de lui accorder un congé sans solde. « J’étais pourtant indispensable lors des confinements précédents où j’ai travaillé tout le temps », indique-t-elle, dégoûtée.

C’est un vrai coup dur pour Stéphanie qui s’est reconvertie en juin 2020 en tant qu’agent des services hospitaliers et qui devait rentrer à l’école d’aide-soignante en avril prochain. « C’est la fin d’un rêve. Au 15 septembre, je serais en absence injustifiée jusqu’au 30 septembre, date de fin de mon contrat », nous écrit-elle.

Ils ont franchi le pas

Alison est allée faire sa première dose « à contrecœur » le 10 septembre dernier. « On me contraint et me force à me faire vacciner pour garder mon travail, j’ai tant étudié et me suis donné les moyens pour avoir mon diplôme pour le perdre pour quelque chose de si stupide que ce vaccin », estime-t-elle. Alexis vient aussi de recevoir sa première dose, mais par solidarité avec ses collègues du service médical de l’Assurance maladie et les autres professions soumises à l’obligation vaccinale, il continuera à manifester.

Après des mois de doute et d’hésitation, Amélie s’est finalement fait vacciner sur les conseils de son médecin traitant et d’un neurologue en qui elle a confiance. « Si seul, Macron me l’avait conseillé, j’aurais à coup sûr refusé », glisse-t-elle.

Source: Par Sélène Agapé Pour 20 Minutes

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