«Gilets jaunes» : Deux policiers mis en examen pour violences, dont l’éborgnement de Rodrigues

Deux membres des forces de l’ordre ont été mis en examen à la mi-janvier pour des violences commises lors de manifestations des Gilets jaunes, en janvier 2019 à Paris. Ils sont notamment poursuivis pour l’éborgnement de Jérôme Rodrigues, l’une des figures du mouvement.

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Deux ans après avoir perdu son œil droit, le « gilet jaune » Jérôme Rodrigues a annoncé mercredi 10 février la mise en examen du policier dont le tir de grenade aurait causé sa mutilation. Un autre policier a été mis en examen pour la blessure à la jambe d’un autre manifestant, causée par un tir de LBD.

Les policiers ont été placés sous contrôle judiciaire

Les faits remontent à deux ans. Deux policiers ont été mis en examen le 14 janvier dans l’affaire du « gilet jaune » Jérôme Rodrigues, éborgné lors de la 11e journée de mobilisation du mouvement, le 26 janvier 2019, à Paris, a appris France Télévisions de source judiciaire.

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Le policier accusé d’avoir lancé la grenade qui a causé la perte de l’œil droit de Jérôme Rodrigues a été mis en examen du chef de « violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente aggravées », qualification passible des assises. L’autre policier est poursuivi pour des « violences volontaires aggravées » sur un autre manifestant. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire.

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Jérôme Rodrigues, casquette noire et barbe fournie, a dévoilé l’information lors d’une allocution en direct sur son compte Facebook mercredi, devant 1 500 personnes : « je tenais à vous le dire, à dire à l’ensemble des gens qui me soutiennent depuis deux ans aujourd’hui : je me suis fait crever un œil par la police de Macron ».

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Joint par l’AFP, son avocat Arié Alimi n’a pas souhaité faire de commentaires.

À l’époque des faits, le tir d’un lanceur de balles de défense (LBD) et le lancer concomitant d’une grenade de désencerclement avait touché le groupe dans lequel évoluait Jérôme Rodrigues et Mickaël, sans qu’il soit immédiatement possible de déterminer quelle arme avait blessé les deux hommes.

Trente manifestants gravement blessés

La blessure de Jérôme Rodrigues, un ancien commerçant de 41 ans, compagnon de route d’une autre figure du mouvement de contestation Eric Drouet, avait relancé la controverse sur l’usage du LBD, arme controversée accusée d’avoir causé la perte d’un œil chez plusieurs manifestants. Les autorités avaient d’abord contesté tout usage d’une telle arme, dont les tirs sont désormais filmés, à l’heure des faits place de la Bastille.

Depuis les manifestations des « gilets jaunes » à l’hiver 2018-2019, au moins 30 manifestants ont été éborgnés et cinq ont eu la main arrachée, selon un décompte du journaliste David Dufresne. L’utilisation de lanceurs de balles de défense mais aussi de certaines grenades par les forces de l’ordre était principalement mise en cause.

Un autre policier a été mis en examen à Rennes récemment pour blessures involontaires, dans l’enquête sur l’éborgnement de Gwendal Leroy, autre « gilet jaune » touché par un éclat de grenade.

Avec AFP

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