Elle ramasse les masques jetés par terre en marchant 7 km, de Levallois-Perret jusqu’au sud de Paris

Alix habite dans le 15e arrondissement de Paris et travaille deux jours par semaine à Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine. Ce trajet de plus de 7 km, elle préfère le faire à pied et en profite pour faire une action citoyenne : elle ramasse les masques qu’elle trouve par terre sur le chemin du retour, afin d’éviter qu’ils terminent dans les fleuves et les océans.

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La trentenaire n’en est pas à sa première action pour l’environnement. Après plusieurs mois à voir les masques qui traînaient dans les rues, pendant lesquels elle pensait que ce n’était pas son rôle de les ramasser et avait « peur du regard des autres », elle a décidé de passer à l’action au début du mois de juin, rapporte Actu Hauts-de-Seine.

Le fléau des masques chirurgicaux

Sur le chemin du retour, cette trentenaire met à profit son heure et demie de marche pour faire une bonne action écologique : ramasser les masques jetés par terre, « à 90% des chirurgicaux. »

Munie de son masque en tissu et d’un gant en caoutchouc, Alix arpente Levallois, le quartier des Ternes, l’Arc de Triomphe, l’avenue Marceau, le pont de l’Alma ou encore les abords de la Tour Eiffel pour vider les rues de ces nouveaux déchets. Mais toujours avec précaution :

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« Je connais la problématique des masques jetés par terre, je sais que ça termine dans les fleuves, la mer… Alors, je préfère agir pour éviter qu’il y en ait partout », explique Alix.

Environ 300 masques collectés

Depuis un peu plus d’un an, cette Parisienne est impliquée dans des actions citoyennes de ramassage de déchets (Clean walk), principalement « dans des espaces naturels où il n’y a pas d’agents de propreté » explique-t-elle, comme sur la plage de Dieppe où elle a effectué ses premiers ramassages.

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Responsable de « La ruche qui dit oui » à Cambronne (Paris XV), une coopérative de producteurs locaux parisiens, elle a eu le déclic de s’engager à Paris durant le confinement. « Je faisais les marchés et je voyais les masques par terre. Je me disais que ce n’était pas possible ! Ça me titillait car, à plusieurs points de vue, ce n’est pas terrible. » 

Si de prime abord, Alix a considéré que « ce n’était pas mon rôle », elle s’est finalement décidée début juin. Depuis, à raison de deux récoltes par semaine, elle a cumulé plus de 300 masques. Soit environ une trentaine à chaque fois. A ce jour, elle les stocke dans deux grands sacs poubelles, qu’elle entrepose dans un cabanon. Son objectif : trouver une entreprise qui recycle ces masques pour leur donner une seconde vie.

« Deux minutes après, il y a un autre masque par terre »

Employée d’une association en lien avec le développement durable, elle explique pourtant avoir eu « peur du regard des autres » avant de se lancer. « Je veux que les gens arrivent à comprendre pourquoi une citoyenne lambda agit. » Ainsi, Alix relaie son action sur les réseaux sociaux et ambitionne de trouver un écho auprès du plus grand nombre et « éveiller les consciences » face à un « problème d’éducation ».

De là à organiser une grande opération nettoyage ? Elle « aimerai[t] bien », sans pouvoir être certaine de la mettre en oeuvre. D’autant qu’elle reconnaît qu’une telle action est presque un coup d’épée dans l’eau : « Deux minutes après, il y a un autre masque par terre », se désole-t-elle. « Psychologiquement, j’en pleure : ce n’est pas le monde que je veux pour demain. »

Alors que dans les Hauts-de-Seine, les zones concernées par le port obligatoire du masque ont été étendues et qu’une partie de Paris est toujours concernée, il ne semble pas de trop de rappeler qu’un masque jetable ne l’est pas n’importe où, mais bel et bien dans une poubelle.

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