Face à la flambée des prix du carburant, son moteur à eau fait un carton

Inventé par un entrepreneur du Finistère, le kit Eco Leau a trouvé de nouveaux clients. Son inventeur promet une économie de carburant jusqu’à 20 % même si le sujet divise.

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20 Minutes : C’est un principe qui a déjà été expérimenté dans les débuts de l’industrie automobile avant la Première Guerre mondiale. Cent vingt ans plus tard, le moteur à eau fait un retour fracassant sous les capots de nos puissantes voitures. La raison principale ? Le prix hallucinant du carburant,qui ne semble pas vouloir descendre sous la barre des deux euros le litre, et contraint les Français à explorer toutes les solutions pour réduire leur consommation. C’est dans ce contexte d’inflation que l’invention de Laurent Baltazar a pris une nouvelle dimension. Basé dans le Finistère, ce touche-à-tout a mis au point un kit moteur censé faire économiser du carburant. Son promoteur promet jusqu’à 20 % d’économie même si ce chiffre fait largement débat.

En mars, Laurent Baltazar était encore seul dans sa société. Débordé par la demande, il a dû embaucher d’urgence des préparateurs de commande pour acheminer son précieux kit. Baptisé Eco Leau, le système est tout simple et s’adapte à toutes les motorisations. Branché tout près du turbo, il vient injecter des particules d’air humide qui s’ajoutent au carburant pour améliorer le couple du véhicule. Résultat : l’automobiliste a moins besoin « d’appuyer » pour avancer et consommerait moins, selon son inventeur. « Tout est purement mécanique et simple. Un moteur, c’est comme un corps humain, il lui faut de l’air pour fonctionner. Mais il fonctionne mieux si l’air est humide », explique Laurent Baltazar, qui promet «jusqu’à 20% d’économies».

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Quand certains crient à l’arnaque

De nombreux internautes ont crié à l’arnaque après la parution de notre article. Pour se défendre, Laurent Baltazar explique que ses chiffres sont basés «sur les retours des clients». Ils restent difficiles à prouver en l’absence d’étude sérieuse. La réalité de l’économie est tellement dure à vérifier que même la très sérieuse école des Mines de Douai avait buté sur le sujet. «Notre étude n’a pas permis de confirmer que le système de dopage à l’eau était efficace, nous ne pouvons pour autant affirmer que le système Gillier-Pantone n’a aucune influence sur les performances du moteur», expliquait-elle après une longue étude sur le système breveté en 1998 dont s’est inspiré Laurent Baltazar.

Cette idée, l’entrepreneur l’a eue en lisant un article de Sciences et Vie en 2010 qui évoquait la récupération des gaz d’échappement. Lui s’est concentré sur l’optimisation de la combustion et obtient des résultats surprenants. « On permet aux gens de gagner en autonomie et surtout, on est moins polluants. Parce qu’on consomme moins, mais aussi parce qu’on émet moins de particules fines », promet l’ancien spécialiste de l’informatique. Le système se révèle surtout efficace sur les grosses motorisations et quand le moteur est chaud.

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Le kit inventé par Laurent Baltazar permet aux moteurs thermiques de voitures et camions de moins consommer de carburant grâce à un réservoir d’eau. – Eco Leau

Pour les polluants, c’est plus variable. L’inventeur prend l’exemple d’une Fiat Punto dont les émissions de dioxyde d’azote (NOx) avaient baissé de 30 % après l’installation du kit. Des garagistes confirment et relèvent même un autre constat. En pulvérisant de la vapeur d’eau dans le circuit, le dispositif limite l’encrassement et notamment les problèmes de la calamine qui encrasse les moteurs et provoque de vilaines fumées noires sur les vieux diesel.

A monter tout seul ou au garage

Fort de tous ses arguments, l’entrepreneur breton voit naturellement son carnet de commandes exploser à chaque choc pétrolier. Depuis son invention en 2012, Laurent Baltazar a vendu 20.000 kits. Boostée par la flambée de l’or noir, la dynamique est devenue folle et plus d’un millier de kits sont vendus chaque mois. Une croissance telle que les garagistes partenaires, pourtant de plus en plus nombreux, peinent à suivre la demande. Proposé à 500 euros pour une voiture légère, le kit est facturé un peu plus de 1.000 euros avec la pose. « Mais on peut aussi le faire tout seul. Il suffit de savoir repérer le turbo », précise Laurent Baltazar, qui va bientôt ouvrir un showroom à Sainte-Sève, près de Morlaix.

Depuis quelques semaines, ce dernier voit une clientèle s’affirmer. Alors qu’il fonctionnait avec 80 % de particuliers il y a quelques années, le Finistérien a vu les demandes de professionnels affluer. Car le kit ne s’adapte pas seulement sur toutes les voitures, il peut aussi être installé sur les motos, les camping-cars, les camions ou encore les tracteurs. Quant à la consommation d’eau, elle est minime : de l’ordre de 20 centilitres pour 1.000 kilomètres. On n’a pas fini d’en entendre parler.

Pour quels résultats ?

Les commentaires positifs se comptent par dizaines pour louer l’efficacité du système. Les reportages déjà réalisés par des confrères par le passé auprès d’automobilistes sont également nombreux pour attester de l’utilité du kit, même si certains professionnels doutent encore.

Par Camille Allain, 20 Minutes 

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